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Côte d’Ivoire- Voici l’histoire de Copa Barry passé du rôle de bouc émissaire à celui de héros de la CAN

copa en pleure

Héros d’une finale qu’il ne devait pas jouer, Boubacar Copa Barry a inscrit le tir au but qui a offert la Coupe d’Afrique des nations 2015 (CAN) à la Côte d’Ivoire face au Ghana en février dernier. Mais rien n’a été facile pour celui qui vient de mettre un terme à sa carrière internationale. Rencontre.

Il n’y aura donc pas de 100e sélection. Le compteur s’est arrêté à 99 lors de la finale de la CAN équato-guinéenne, le 8 février dernier à Bata. Trois semaines après ce titre attendu depuis 23 ans par la Côte d’Ivoire, Copa Barry a décidé de passer la main  à ses cadets. Une annonce qu’il a faite dans une lettre datée du 2 mars 2015 et directement adressée à Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale ivoirienne avant d’expliquer son choix dans une vidéo publiée sur son compte Facebook.

“J’en ai discuté avec mes proches, c’était le bon moment pour arrêter. J’ai débuté en sélection il y a 15 ans, disputé trois Coupes du monde, plusieurs CAN, côtoyé de grands joueurs, connu des sélectionneurs renommés. Terminer sur une victoire en Coupe d’Afrique, c’est plutôt pas mal, non ? Maintenant, je vais me consacrer  à mon club belge de Lokeren et à ma famille”, promet-il.

Barry a encaissé les critiques, parfois en souffrant

En Guinée équatoriale, Barry a terminé sur le terrain une compétition qu’il avait débutée sur le banc. Lors des deux derniers matches qualificatifs pour la CAN puis lors des rencontres de préparation en janvier, Sylvain Gbohouo, blessé avant la finale, s’était pourtant installé dans la peau du numéro 1. “Je ne me suis jamais considéré comme un titulaire”, insiste Copa Barry, qu’il l’est pourtant devenu après la Coupe du Monde 2006. “Il était mentalement prêt”, intervient Gilles Morisseau, l’entraîneur des gardiens de but des Eléphants.

Ces dernières années, Barry a essuyé les violentes critiques de la presse locale et d’une partie des supporters, qui avaient tendance à faire de lui l’unique responsable des illusions perdues de la sélection. “Il arrive qu’il soit trop concentré et cela le bloque, voire lui fait perdre de sa lucidité”, se souvient Gérard Gili, un des anciens sélectionneurs ivoiriens (2008), lui-même ex gardien.  Moqué et  insulté à l’excès, Barry a encaissé, parfois en souffrant. “C’était dur, surtout pour ma famille. J’ai toujours dû me battre pour y arriver mais cela m’a fait progresser. ”

Des qualités de jeu et une super mentalité

Le trentenaire issu d’une famille nombreuse convoque ses souvenirs abidjanais. “J’ai commencé dans la rue mais pas comme gardien de but et je n’ai été accepté à l’ASEC (le club qui a formé les frères Touré ou encore Dindane) qu’en 1995 après une première tentative malheureuse”, se souvient-il. Jean-Marc Guillou, le manager du club, voit rapidement en ce milieu de terrain plutôt doué un futur gardien.

En 2001, c’est Patrick Rampillon, le directeur du centre de formation de Rennes, qui viendra d’ailleurs le chercher. “Il avait des qualités de jeu et une super mentalité”, explique ce dernier. “Quand des dirigeants ont voulu que je reparte à Abidjan, j’ai demandé qu’on me laisse ma chance. J’ai même pleuré dans le bureau de Patrick Rampillon”, raconte Barry, qui ne jouera jamais en Ligue 1 mais dont le parcours breton a croisé ceux de Le Guen, Gourcuff ou Halilhodzic. “Il y a avait trop de concurrence et Copa n’avait pas encore tout à fait le niveau”, reprend Rampillon.

Fidèle à la Belgique

C’est en Belgique, à Beveren, puis à Lokeren que l’Ivoirien s’est construit sa carrière européenne, se forgeant un palmarès de deux coupes nationales enrichi par cette Coupe d’Afrique des nations. “J’ai considéré ce pays comme un bon tremplin vers un championnat d’un niveau plus élevé”, explique-t-il.

En dépit de son titre de meilleur gardien en 2009, l’Ivoirien n’a jamais franchi la frontière belge, malgré des contacts en France, aux Pays-Bas ou en Italie. “Il ne mesure qu’1,78 m et cela a sans doute dissuadé des clubs plus en vue qui préfèrent souvent les joueurs de 1,90 m”, reprend Gérard Gili. Et de poursuivre : “Il a pourtant un bon jeu au pied, il est efficace sur sa ligne”, poursuit-il.

A un an de la fin de son contrat à Lokeren, le 30 juin 2016, Barry est bien parti pour aller au bout de son engagement avec le club flamand. “J’ai encore envie de jouer pendant 3-4 ans, en Europe ou ailleurs. Intégrer à la fin de ma carrière le staff de la sélection ? Pourquoi pas, si je peux être utile. Tout dépend des opportunités”, explique-t-il en glissant  qu’une expérience aux États-Unis ou dans le Golfe ne lui déplairait pas…

SourceJeune Afrique

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