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Disparition de Sala : comment remonter le corps et l’appareil ?

L’épave a été localisée dimanche au fond de la Manche, avec un corps à son bord, pouvant être celui d’Emiliano Sala, ou de son pilote britannique David Ibbotson. Les opérations de renflouage ont commencé. AAIB

Les opérations de renflouage de l’appareil d’Emiliano Sala et David Ibbotson disparu dans la Manche le 21 janvier dernier sont en cours. Mais comment vont-elles se dérouler ? Décryptage.

La mission de récupération du corps retrouvé dans l’avion transportant Emiliano Sala et David Ibbotson a débuté ce mardi soir, plus de deux semaines après leur dramatique crash dans la Manche. En quoi vont consister ces délicates opérations ? Eléments de réponse.

Qui coordonne les opérations ?

C’est une équipe de la Royal Navy spécialisée en recherches sous-marine qui dirige les opérations de récupération. Des inspecteurs du BEA britannique (AIBB) sont aussi là pour superviser le travail qu’ils effectuent. David Mearns, le chasseur d’épaves qui a localisé l’appareil dimanche, n’est plus là : il a passé la main à l’AIBB dès lundi.

Concrètement, tout ce petit monde est à bord du Geo Ocean III, un navire océanographique à la pointe de la technologie, actuellement sur place au-dessus du lieu de l’accident. Un véhicule sous marin télécommandé (ROV) est également sur place. Il tente pour l’heure de protéger l’unique corps retrouvé dans la carcasse du petit avion avant de le ramener à la surface.

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Comment récupérer le corps ?

« Il y a plusieurs écoles. Soit on sécurise, l’appareil au fond en bloquant les portes par exemple et on le remonte avec le corps, soit on extrait le corps au fond directement », nous explique Bertrand Sciboz, expert en recherches sous marine de la société Ceres, qui avait d’ailleurs postulé pour effectuer ces opérations de sauvetage.

« L’eau n’est pas très chaude à cette période de l’année, le corps est toujours extractible quoi qu’il arrive. A 63 m de profondeur ce ne sont pas les abysses, on peut y aller avec des robots mais on peut même y envoyer une équipe de plongeurs », selon lui. Selon le Telegraph, l’équipe sur place envisagerait d’abord de sécuriser et d’exfiltrer le corps avant de remonter l’épave.Disparition d’Emiliano Sala : l’épave de l’avion et un corps retrouvés

Comment récupérer l’avion ?

« Il faut descendre sur la position donnée de la carcasse, et baliser le terrain », décrypte Bertrand Sciboz. « Ensuite, on envoie soit des plongeurs soit des robots en fonction de la profondeur. On met des sangles autour des ailes et autour de la queue si l’avion est à l’endroit. Le plus de sangles possible sont installées. Ensuite, on attache les sangles à une amarre (ou un câble). La dernière étape consiste alors à relier l’amarre au treuil et opérer la remontée en douceur de l’avion jusqu’à la surface. »

Si les équipes de récupération choisissent d’effectuer l’opération avec un ROV (NDLR, un véhicule sous-marin téléguidé ou Remotely Operated underwater Vehicle en anglais), il y a un pilote plus deux assistants qui sont à la manœuvre. En cas de choix d’une équipe humaine, il faut a minima trois plongeurs.

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ILLUSTRATION. Exemple de treuillage d’un avion abîmé en mer par des spécialistes de la recherche sous-marine/Ceres/Bertrand Sciboz.


Quel est l’impact de la météo ?

« L’état de la mer est capital », explique le spécialiste. « S’il fait mauvais temps, l’opération est quasi impossible. Un tel objet qui a chuté dans l’eau à cette vitesse est fragilisé ». Selon lui, lors d’une marée de faible coefficient, la fenêtre pour opérer peut monter jusqu’à deux heures. Sur une grande marée, il n’y a « guère plus d’une demi-heure sans fort courant ».

L’AAIB a d’ores et déjà prévenu que les fortes marées entravaient les étapes primaires du « renflouage » de l’appareil. : « Nous ne pouvons utiliser le véhicule télécommandé que pour des périodes limitées chaque jour, ce qui signifie que les progrès sont lents ».

La fenêtre pour extraire le corps et l’avion est extrêmement courte, en raison d’une fenêtre météo favorable ce mercredi et très mauvaise à partir de vendredi avec un avis de tempête.

Et après ?

Après sa récupération l’épave sera transportée dans un port de la côte sud de l’Angleterre, probablement Southampton ou Portsmouth, avant d’être transférée au laboratoire de l’AAIB à Farnborough. Ce sera ensuite le temps de l’enquête. « L’AAIB a une mission : déterminer les causes de l’accident. Beaucoup de gens ont fait des dons, plus de 5 000. Nous pensons qu’il est nécessaire qu’ils sachent en toute transparence ce qui s’est passé » a précisé David Mearns, le découvreur de l’épave à l’Equipe. L’AAIB a déclaré pouvoir donner ses premières constatations dans un délai d’un mois après la récupération de la carcasse du Piper Malibu englouti.

le parisien

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