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Élection à la FIF : le choix d’Alassane Ouattara, A. Gon Coulibaly et Hamed Bakayoko

L’élection du successeur de Sidy Diallo à la tête de la Fédération ivoirienne de football approche à grands pas. Trois candidats sortent du lot pour le moment, Didier Drogba, Sory Diabaté et Idriss Diallo.

En Côte d’Ivoire, il n’existe pas un grand fossé entre le Football et la politique. Cette proximité a toujours rythmé l’élection des différents bureaux exécutifs qui se sont succédé au siège de la Fédération ivoirienne de Football (FIF) à Treichville, une commune de la capitale économique Abidjan. Qui soutient qui ? Qui roule pour qui ? LSI AFRICA a enquêté ces dernières semaines, sur les bords de la Lagune Ébrié, sur cette élection dont l’issue dépend en partie des soutiens politiques.

Amadou Gon Coulibaly, Téné Birahima, Ouattara et les autres
Sory Diabaté est l’actuel n°2 de la Fédération ivoirienne de Football. Il est président de la Ligue professionnelle depuis l’époque de Jacques Anouma mais également sous Sidy Diallo dont il bénéficie du soutien. Pour ce cadre dans le domaine de la finance âgé de 57 ans, l’heure a sonné de prendre le pouvoir. S’il jouit du soutien d’une bonne partie des clubs et des anciens joueurs, Sory Diabaté n’est pas vraiment seul. Cet ancien joueur de l’ASEC Mimosas est le neveu de Henriette Dagri Diabaté, Grande chancelière de l’Ordre national de la république de Côte d’Ivoire dont il bénéficie du soutien sans faille. Autre soutien majeur, c’est celui de Téné Birahima Ouattara, surnommé “photocopie”, qui n’est autre que le frère cadet du président ivoirien.

Le Ministre des Affaires présidentielles est régulièrement tenu informé de l’évolution de la campagne de son protégé qu’il n’hésite pas à assister “financièrement”. De son côté, le Premier ministre ivoirien, Amadou Gon Coulibaly, qui au départ s’est montré réticent, a fini par adhérer au programme de développement du Football présenté par Sory Diabaté. Mais en réalité, au-delà du “rectangle vert”, se joue une guerre d’influence impitoyable. En se positionnant aux côtés de Sory Diabaté, le Premier ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly veut s’assurer que le poste de président de la FIF n’ira pas à son “meilleur ennemi” Hamed Bakayoko, soutien affirmé de Idriss Diallo, un autre candidat à la tête de l’instance faîtière du foot ivoirien.

Hamed Bakayoko, GLCI, Jacques Anouma
Idriss Yacine Diallo, candidat à la présidence de la FIF, n’est pas une figure inconnue des sérails du foot ivoirien. Il fût 3ème Vice-Président de la FIF, chargé de la commission Marketing et Promotion sous celui qu’il considère comme son “frère”, Jacques Anouma. Ce dernier et Idriss Diallo sont liés par une amitié vieille de plus de 36 ans. Les deux hommes se sont rencontrés à l’Asec. Jacques était trésorier et Idriss, vice-président. Depuis, les deux hommes ne se sont plus jamais quittés au point que, pour cette élection, malgré l’excellence de la relation entre Didier Drogba et Jacques Anouma, l’ancien président de la FIF a préféré se ranger derrière son “frère” Idriss Diallo. Même si les soutiens politiques de Idriss Diallo ne font pas les choux gras de la Presse ivoirienne, l’homme est soutenu par le Ministre d’Etat ivoirien, chargé de la Défense nationale, Hamed Bakayoko.

Selon Alexandre Djégui, observateur averti du Football ivoirien, Hamed Bakayoko, pourtant très proche de Didier Drogba, aurait “été embarrassé ” par la candidature de ce dernier. D’abord surpris par le timing de l’annonce de Didier Drogba, Hamed Bakayoko aurait finalement pris le soin d’appeler la Légende du Football ivoirien pour lui faire part de son soutien à Idriss Diallo. Selon nos informations, Idriss Diallo bénéficierait également d’un grand nombre de soutiens au sein de la GLCI, Grande Loge de Côte d’Ivoire, dont Hamed Bakayoko est le président.

Quid de Dominique et Alassane Ouattara
Didier Tébily Drogba est incontestablement le footballeur ivoirien le plus populaire au monde. Légende de Chelsea, l’ancien buteur et Capitaine de la sélection ivoirienne ne fait pas de politique. En dehors de l’appel au cessez-le-feu lancé le 8 Octobre 2005 en compagnie de ses coéquipiers, Didier Drogba ne s’est plus jamais exprimé publiquement sur la politique ivoirienne. En 2011, au lendemain de la chute de Laurent Gbagbo, son silence avait irrité les partisans de l’ancien chef d’Etat, qui auraient voulu que lui, le Bété, prenne publiquement position. Cela n’arrivera jamais. En se lançant dans la course à la présidence de la FIF, Didier Drogba dont le projet est intitulé “Renaissance”,ne s’imaginait certainement pas que la situation serait aussi alambiquée pour lui. Rayée par plusieurs anciens coéquipiers de la sélection qui ont pris fait et cause pour ses principaux adversaires, la candidature de Didier Drogba divise, suscite les commentaires les plus fous et exhume au grand jour les anciennes querelles de vestiaires…

Mais qui sont les soutiens politiques de DD ? Difficile de le dire à ce jour. S’il a perdu le soutien de Hamed Bakayoko, il garde pourtant la sympathie du couple Ouattara. Alassane et Dominique Ouattara ont toujours considéré qu’il était le meilleur ambassadeur pour le sport ivoirien, le football en particulier. Et dans le cadre d’un signal fort à la réconciliation, Didier Drogba, originaire de Niaprahio dans la région de Gagnoa, président de la FIF, serait évidemment bien vu. À ses visiteurs nocturnes, Alassane Ouattara a confié ne pas vouloir mettre à mal la cohésion au sein de la mouvance présidentielle à quelques mois de l’élection présidentielle. Ces dernières semaines, l’ancien buteur de l’OM et de Chelsea s’est affiché avec Salif Traoré, le leader du Groupe Magic System dans une opération de sensibilisation et de distribution de vivres pour les plus démunis, soutenue par l’Union Européenne.

Selon plusieurs sources, généralement bien renseignées, A’Salfo, qui a un accès direct au couple présidentiel ivoirien, aurait été discrètement missionné pour tenter de convaincre Didier Drogba de renoncer à la présidence de la FIF. “Je n’ai pas peur de la défaite”, aurait-il répondu à plusieurs émissaires du président ivoirien et de Hamed Bakayoko. Bernard Kanga est un supporter des premières heures des Éléphants. Pour ce passionné, “l’élection du futur comité exécutif de la fédération ivoirienne de football reflète les crises successives de ces dernières années. Tout ce qui se dit sur Didier est un pur règlement de compte, de la méchanceté gratuite. Ce sont les mêmes qui alimentaient les rumeurs de conflits dans les vestiaires entre 2006 et 2013. Vous imaginez que nous parlons de Didier Drogba, quand même”, a-t-il conclu. Même si le scrutin comporte plusieurs zones d’ombres, la seule certitude est que le nom du futur locataire du siège de la FIF, commencera par D – Drogba, Diallo, Diabaté.

Isi-africa

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