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Éléphants: Hervé Renard va former une équipe qui va tourner autour des moins de 23 ans ;Les raisons

renard elephant

Hervé Renard (Sélectionneur des Éléphants) : ”Des gens nous prennent pour des magiciens…”

Avant leur départ, le sélectionneur a donné quelques informations sur son groupe. Il revient également sur la défaite face à la RD Congo du 15 octobre dernier.

C’est un groupe très jeune qui part en Zambie. Pourquoi?

Il y a les quatre joueurs de San-Pedro qui sont avec nous en sélection A, et puis, un autre de 23 ans, Koné Ibrahim, parce que je le trouve intéressant. Tout le reste du groupe, ce sont des moins de 20 ans parce que nous voulons préparer l’avenir.

Justement, est-ce un message que vous adressez aux clubs de l’élite?

Nous allons nous préoccuper de former une équipe qui va tourner autour des moins de 23 ans parce qu’il y aura le tournoi de Toulon au mois de Mai 2015 où, normalement, la Côte d’Ivoire sera invitée. Ensuite, il y aura les éliminatoires des Jeux Olympiques de 2016. Il faut donc se concentrer sur cette moyenne d’âge. Parce que quand on est plus âgé et qu’on n’a pas eu d’expérience au niveau international, pour un joueur local, il est difficile de s’imposer. Maintenant, il y a toujours des exceptions. Nous verrons, mais en règle générale, il faut s’appuyer sur la jeunesse. Et puis, essayer de les préparer à rejoindre au plus vite l’équipe A. C’est cela le message.

Est-ce à dire que ce sera la base de l’équipe nationale locale?

Nous garderons toujours le même cap. Mais nous n’avons aucune restriction, donc nous pouvons nous permettre de mettre qui nous voulons, mais il faut avoir une ligne de conduite basée sur de jeunes joueurs, principalement, moins de 23 ans. C’est une ligne que nous devons respecter, même s’il y aura quelques exceptions.

C’est aussi une façon de préparer la Can U20?

Oui, mais c’est surtout dû au fait que Kamara Ibrahima les connaît très bien. Et moi, je ne peux pas me passer de quelqu’un qui est là depuis deux à trois ans. Il ne faut jamais oublier que le temps en football est quelque chose de primordial. C’est pour cela quand on n’a pas de temps, c’est toujours difficile. Souvent des gens nous prennent pour des magiciens, malheureusement, nous ne le sommes pas. Je le dis peut-être pour me défendre un peu (rire…), mais vous pouvez regarder l’Allemagne et l’Espagne, il y a des joueurs qui ont arrêté et la transition est difficile. Les Allemands qui perdent en Pologne et perdent des points à domicile, les Espagnols qui ont du mal. Van Gaal qui a un début difficile à Manchester United. Donc, les gens doivent comprendre qu’en football, ce n’est pas en claquant les doigts qu’on peut réussir à bâtir quelque chose. Il faut donc un peu de temps. Le moins de temps possible, c’est le mieux.

Est-ce à dire que les difficultés actuelles des Éléphants sont dues au fait que vous n’avez pas eu du temps pour mettre votre philosophie de jeu en place?

C’est un peu difficile, mais j’ai confiance aux joueurs et je sais qu’ils vont se qualifier.

Nous avons appris que vous avez des arriérés. Confirmez-vous l’information?

Non, ce n’est pas vrai. Et je ne sais pas pourquoi des journalistes sortent tout ça. Je peux vous assurer qu’il n’y a rien de cet ordre là. S’il y avait un problème, je l’aurais dit. Mais bon, il y a toujours des gens pour créer des problèmes, même là où il n’y en a pas.

Les conditions sont-elles réunies pour vous inscrire dans la durée comme vous l’annonciez à votre arrivée?

Quand on est entraîneur, on a toujours son bagage qui est prêt, parce qu’on ne sait jamais ce que demain sera fait. Je me suis inscrit dans la durée dans ma tête, après c’est la vie qui décide.

Comment expliquez-vous, à froid, cette défaite contre la RD Congo dans les derniers instants de la partie? Un scénario à la Grèce?

Je pense que c’est le manque de maturité de notre part. Déjà, être mené (3-1) ce n’est pas normal. Mais revenir à 3-3, c’est un exploit. Imaginez aujourd’hui si nous avons obtenu le nul (3-3) à 10 contre 11, ça aurait été psychologiquement quelque chose de grand. Mais le fait de prendre un but en contre, nous rabaisse et fait que le match a été nul pour nous. Parce que les commentaires et les appréciations changent. Alors qu’un 3-3 aurait été très bénéfique pour notre moral. Maintenant, c’est le football, c’est fait, il faut savoir tirer les leçons et les conséquences. Nous avons un gros problème d’équilibre collectif.

Pourquoi avez-vous continué à attaquer alors que vous aurez dû attendre l’adversaire?

Nous nous sommes laissés emportés. J’ai essayé de crier, mais on ne m’entendait pas. Il y avait de l’ambiance, surtout dans l’euphorie du 3-3. J’avais demandé que ce soit un seul latéral qui monte, et là, les deux sont montés à la fois. J’avais aussi demandé à Tioté Cheick de rester dans l’axe, mais il avait commencé à avoir des soucis musculaires, et au niveau du nombre, nous étions en infériorité numérique.

On vous a vu aussi haranguer la foule après le troisième but. Ce n’est pas cela qui a fait perdre la lucidité à l’équipe?

Je l’ai fait parce que nous avions besoin du soutien du public. Mais, cela ne vous empêche pas de rester plus bas et plus organisés pour contrer l’adversaire. Moi, ce que je reproche, c’est un manque de soutien de ce public là. Mais bon, cela arrive au mauvais moment. Personnellement, j’ai pour habitude de considérer le football comme un sport d’émotion. J’ai donc de la peine pour les joueurs quand ils n’ont pas le soutien du public. Et nous ne l’avons pas assez ici. Pendant les 90 mn, nous avons besoin de soutien et non pas de la pression sur les joueurs.

Il reste deux matches à jouer, comment les appréhendez-vous?

Je fais confiance aux joueurs et je suis persuadé qu’ils réussiront à obtenir la qualification. Parce que nous serons blessés dans notre amour propre. Et après les éliminatoires, c’est quelque chose d’autre qui commence.

Réalisé par Guillaume AHOUTOU

source : Soir info


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