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Football: Aristide Bancé dénonce le traitement des footballeurs africains noirs dans les clubs de l’Afrique du nord

Aristide Bancé, l’international attaquant burkinabé d’Al Masry (Egypte) a posté, le dimanche 22 juillet 2018, une vidéo sur les réseaux sociaux pour dénoncer « l’esclavage » que subissent les footballeurs africains noirs au niveau du football, en Afrique du nord, notamment au Maghreb. Il en a profité pour interpeller le président de la Confédération africaine de football (CAF), Ahmad Ahmad.

Quel coup de gueule de l’international attaquant burkinabé Aristide Bancé. Dans une vidéo postée, le dimanche 22 juillet 2018, sur les réseaux sociaux, il a dénoncé certaines injustices dont sont victimes les footballeurs noirs en Afrique du nord. Et il a insisté pour que cette vidéo soit partagée au maximum. « C’est toujours sur le même thème parce que j’ai suivi un truc du président de la CAF qui a invité les anciens joueurs. Il voulait savoir pourquoi les pays africains comme le Sénégal, la Tunisie, l’Egypte ne sont pas allés loin dans cette coupe du monde. Moi, personnellement, je remercie le président de la CAF. Je n’ai pas son numéro, je ne peux pas l’appeler directement. Donc c’est à travers facebook qu’il va peut-être m’entendre. Franchement, je ne vais pas être long. Je voudrais dire au président de la CAF d’essayer de regarder un peu le football africain. Je pense qu’il y a de l’injustice. Quand je dis qu’il y a de l’injustice, c’est-à-dire que nous les Africains, on joue sur notre continent et je pense que nous sommes traités comme des esclaves et je pense que ça continue. Je pense que le président de la CAF doit regarder, doit voir, parce que je pense que trop c’est trop quoi. », a-t-il dit d’entrée de jeu.

Aristide Bancé qui a lui-même a été victime de ce phénomène est d’autant plus écœuré que rien n’est fait pour l’arrêter. Et chaque jour qui passe, ce sont ses frères noirs qui en souffrent. « Je prends un pays comme la Tunisie, le Maroc, l’Egypte etc…tous les pays maghrébins. Je pense qu’il y a beaucoup de nos frères noirs qui souffrent là-bas. Je dis bien qui souffrent. Et moi, j’ai un ami qui vient de m’écrire toute à l’heure et on joue dans le même club, il est là-bas en Egypte. Ils ont bloqué son passeport. L’équipe a bloqué son passeport et on refuse de lui remettre son passeport. Et ils ont falsifié un document pour dire qu’il a reçu tout son argent. Et la Fédération en Egypte là-bas, soutient le club. Mais vraiment, je vous dis que c’est grave. L’affaire est grave, c’est très grave. Nous les Africains qui avons la peau noire, on n’est pas respecté. Moi, je voudrais dire au président de la CAF d’essayer de mener des enquêtes pour essayer de voir parce que maintenant, trop c’est trop. Et on va dire qu’on est allé au Mondial et on n’a rien foutu. Je vous dis que c’est normal parce qu’on est mauvais. Le football, ce n’est pas de l’esclavage parce que là-bas, il y a de l’esclavage en Egypte. Et je pense que trop c’est trop. Il faut arrêter. Moi, j’ai été victime de ça et si je parle de ça aujourd’hui, je ne suis pas resté en Europe pour parler de ça. J’ai vécu le même sort, j’ai joué là-bas… ».

Et le Burkinabé de citer d’autres cas d’esclavage. « Il y a un aussi qui est au Maroc, qui est au WAC de Casablanca, qui a eu le même problème. Le président du WAC a bloqué son passeport, il ne veut pas le laisser sortir du pays. Quelqu’un qui est là, qui a une famille, il a un enfant, il dort dans une maison, il n’est pas chez lui, il est au Maroc. Il ne paye pas sa maison, on bloque son passeport. Nous ne sommes pas des esclaves et ça là doit finir. », a-t-il dit avant de dénoncer le comportement de ses frères victimes de ce phénomène, mais qui n’osent pas en parler par peur : « Moi, mes frères, mes propres frères, il y a quelques-uns peut-être qui peuvent faire ce que je fais. Ils sont là-bas, ils jouent dans ces clubs et ils acceptent d’être traités de cette manière. Je vous dis, vous là, vous n’êtes pas des hommes… »

Aristide Bancé est particulièrement remonté contre l’Egypte. « Vous faites venir des joueurs dans des clubs égyptiens. Ces joueurs-là, normalement ont droit à une carte de séjour. Mais là-bas, la plupart des étrangers n’ont pas la carte de séjour. On leur fait un visa de trois à quatre mois. Quand le visa se périme, tu dois sortir du pays. Et quand tu ne sors pas, tous les jours, il y a une pénalité. Il y a beaucoup de joueurs là-bas qui doivent payer ces pénalités, mais n’ont pas d’argent. Les clubs les abandonnent dans la rue. Je vous dis que ce n’est pas normal…Moi, aujourd’hui là, je m’adresse au président de la CAF parce que c’est lui qui dirige, il est en haut, il ne sait pas ce qui se passe. Je vais continuer de parler quel que soit ce qu’ils vont me faire quel que soit ce qu’ils vont penser. Mon frère est là-bas, il est bloqué. Il vient de m’envoyer un message. Cela fait maintenant deux semaines qu’il court après son passeport, il n’est même pas capable de rentrer en possession de ce passeport. Ce n’est pas normal. Et la Fédération soutient ça. Ils sont là, ils falsifient des papiers. On dit tu as signé ceci, tu as signé cela. Je vous dis que ce n’est pas normal ».

Pour conclure, Bancé a soutenu que c’est parce que les Egyptiens sont mauvais qu’ils sont sortis sans gloire du Mondial 2018. « Et voilà pourquoi l’Egypte est tombé au premier tour. Parce que vous êtes mauvais dans votre pays. Tant que vous continuez d’être mauvais, votre équipe nationale aussi va être pareille ».

Adolphe Angoua

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