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Football: Le match de Ligue des champions entre le PSG et le Basaksehir Istanbul aura marqué les esprits

Le match de Ligue des champions entre le PSG et le Basaksehir Istanbul aura marqué les esprits grâce aux 22 acteurs qui ont choisi de quitter le terrain, mardi, pour dire non au racisme. Il s’est conclu, mercredi, par une victoire parisienne, mais le résultat sportif est passé au second plan.

Devenu symbole de la lutte contre le racisme dans le football, l’affiche de Ligue des champions entre le PSG et le Basaksehir Istanbul a trouvé, mercredi 9 décembre, un épilogue émouvant, au lendemain de son interruption sur fond d’accusations de racisme visant un arbitre.

Dans l’enceinte du Parc des Princes, des banderoles ont été déployées et les joueurs ont posé, avant le coup d’envoi, un genou à terre, un geste symbolique associé à la lutte antiraciste. La veille, lors d’une soirée au retentissement mondial, les joueurs avaient choisi de quitter la pelouse et de ne pas reprendre le jeu en réaction aux propos du quatrième arbitre.

Souhaitant sanctionner d’un carton rouge pour protestation l’entraîneur adjoint du Basaksehir, le Camerounais Pierre Achille Webo, le Roumain Sebastian Coltescu l’avait désigné à l’arbitre principal comme “le noir” en roumain (“negru”), provoquant la colère et l’indignation des deux équipes.

Le match ayant été arrêté à 0-0 à la 13e minute de jeu, il a repris, mercredi soir, au même chronométrage, avec une nouvelle équipe arbitrale. Le PSG, déjà assuré d’être en huitièmes de finale, s’est largement imposé (5-1), s’assurant la première place de son groupe.

Mais l’issue sportive était presque secondaire dans cette rencontre qui a marqué les esprits.

“Ce qui s’est passé hier (mardi) est inacceptable. À notre époque, nous ne pouvons pas accepter ce genre de choses, qu’on fasse des différences (entre les gens) pour la couleur de peau, la race”, a réagi Neymar au micro de RMC Sport. “Cela n’a plus sa place dans le foot ni dans la vie, ni dans n’importe quel sport. Cela n’a plus sa place dans le monde.”

Durant l’échauffement, les joueurs et les arbitres avaient revêtu un tee-shirt “NO TO RACISM” (Non au racisme). Puis, juste avant la reprise du jeu, les joueurs et les nouveaux arbitres désignés se sont rassemblés dans le rond central, posant un genou à terre, un geste devenu un symbole du mouvement américain “Black Lives Matter” contre le racisme et les violences policières.

La majorité d’entre eux, dont les superstars Neymar et Kylian Mbappé, ont également levé le poing et pour certains baissé la tête.

“Non au racisme”, pouvait-on lire également sur une bâche installée dans l’une des tribunes centrales, alors que dans le virage Auteuil les ultras ont affiché leur “soutien à M. Webo” et leur “fierté” devant l’attitude des joueurs.

Sur le banc de touche, Pierre Achille Webo était bien présent, un autre symbole fort. Malgré lui, il a été l’un des protagonistes de cette polémique conclue par le retour au vestiaire de tous les joueurs, un geste inédit à ce niveau, dans un monde du football souvent taxé de laxisme et d’indifférence sur ce sujet.

L’UEFA avait finalement annoncé tard mardi, après plusieurs heures de polémique, l’ouverture d’une “enquête approfondie”. Mercredi, elle a désigné un inspecteur disciplinaire et suspendu le carton rouge visant Webo.

Le controversé Ovidiu Hategan a été remplacé au sifflet par l’expérimenté Néerlandais Danny Makkelie. Un changement d’arbitre était l’une des conditions des joueurs pour reprendre le match.

Le règlement disciplinaire prévoit une suspension d’au moins dix matches pour un comportement raciste ou discriminatoire.

Mercredi, le monde sportif a salué à l’unanimité la décision des joueurs parisiens et stambouliotes de rentrer au vestiaire.

“Une symbolique forte”, a déclaré en France la ministre déléguée aux Sports Roxana Maracineanu, tandis que son homologue roumain Ionut Stroea présentait ses “excuses au nom du sport roumain”.

La dimension sportive est passée au second plan d’une rencontre qui symbolise la fin d’une année 2020 marquée par l’engagement militant croissant du monde sportif, notamment dans le football alors que l’UEFA, jusque-là, voulait éloigner au maximum la politique des stades.

L’indignation de nombreux sportifs américains contre l’injustice raciale, au sein du mouvement “Black Lives Matter”, a marqué une prise de conscience collective de l’autre côté de l’Atlantique.

En France récemment, plusieurs footballeurs, comme Kylian Mbappé ou Antoine Griezmann, se sont élevés contre les violences policières.

Avec France24

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