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Mondial 2018 / Entre critiques et contestations: Comment fonctionne l’assistance vidéo à l’arbitrage ?

Déjà testée dans plusieurs compétitions depuis 2016, l’assistance vidéo à l’arbitrage (Var) a été utilisée pour la première fois en Coupe du monde 2018, samedi 16 juin, lors du match de la France contre l’Australie, avec un penalty accordé à Antoine Griezmann. La Var a été mise en place pour éviter les erreurs et réduire les contestations.

Mais après une semaine de matchs et avec plusieurs cas de contestation, dont Neymar, Ronaldo, l’équipe du Maroc ou encore les Egyptiens, la Var essuie déjà de nombreuses critiques. Face à toutes ces contestations et polémiques, dans quels cas la vidéo est-elle utilisée, pourrait-on s’interroger?

Lors de cette Coupe du monde 2018 en Russie, la Var porte uniquement sur quatre cas : valider ou non un but, accorder ou non un penalty (comme ce fut le cas lors du match des Bleus), attribuer ou non un carton rouge et corriger une erreur d’identification d’un joueur sanctionné. Quatre arbitres assistants vidéo, tous arbitres officiels de la Fifa, sont désignés lors de chacun des 64 matchs de la compétition. Ce sont l’arbitre vidéo principal, qui est le seul à pouvoir communiquer avec l’arbitre central, l’arbitre assistant vidéo 1 (Var 1), chargé de surveiller l’écran de contrôle et d’informer la Var si un fait de jeu est en cours de vérification ou de révision. Il y a aussi l’arbitre assistant vidéo 2 (Var 2), qui s’occupe uniquement de vérifier les situations de hors-jeu potentielles et l’arbitre assistant vidéo 3 (Var 3), qui, lui, se concentre sur les images du direct, assiste la Var dans l’évaluation des incidents et assure une bonne communication entre la Var et la Var 2 dans les situations de hors-jeu.

En plus de ces quatre officiels désignés par la Fifa, la salle d’opération vidéo basée à Moscou accueille aussi quatre techniciens chargés des écrans et des angles de caméra. Ils peuvent être sollicités depuis les douze sites où ont lieu les rencontres. Pour les aider dans leur tâche, 35 caméras sont à leur disposition. Il s’agit des 33 utilisées par les télévisions du monde entier ainsi que de deux autres focalisées sur l’identification des hors-jeu. Au total, treize arbitres ont été retenus pour s’occuper de l’assistance vidéo.

Lorsqu’un incident se produit, deux cas de figure peuvent intervenir : soit l’arbitre central informe la Var, soit ce dernier recommande à l’arbitre de faire appel à l’analyse vidéo. Les deux hommes communiquent via un système radio sophistiqué. Certains stades sont en effet très éloignés de Moscou : Ekaterinbourg se trouve par exemple à 1.418 kilomètres de la capitale, Sotchi à 1.361 kilomètres et Kaliningrad à 1.092 kilomètres. L’arbitre assistant vidéo indique alors à son confrère ce que la vidéo montre. Ce dernier peut alors accepter l’information de la Var ou demander à visionner lui-même la séquence sur le bord du terrain, comme cela a été le cas samedi. Le dernier mot, lui, revient toujours à l’arbitre de champ.

La Fifa diffuse les images de l’arbitrage vidéo sur les écrans géants des stades, afin de ne pas frustrer les spectateurs. Permettant ainsi aux supporters de voir la faute à l’origine du litige. «L’arbitre fait avec ses mains le signe d’un écran lorsqu’il fait appel au Var. Tout dans cette Coupe du monde, dont les extraits, images et enregistrements, sera montré sur les écrans géants des stades à partir du moment où il est fait appel au Var. Un message clair s’affichera également sur les écrans pour indiquer les décisions prises à l’aide du Var», explique le secrétaire général adjoint de la Fifa, Zvonimir Boban, sur le site de l’instance.

La Var divise au sein même des instances du football. Si le président de la Fifa, Gianni Infantino, a toujours soutenu l’introduction de la vidéo, l’Uefa est en revanche plus réticente. L’assistance vidéo ne sera d’ailleurs pas utilisée lors de la Ligue des champions 2018-2019. Car plusieurs couacs se sont produits suite à son utilisation, notamment de longs moments d’attente et de confusion lors de certains matches. La vidéo est aussi soumise à interprétation. Un cas litigieux est d’ailleurs intervenu lors de Portugal-Espagne (3-3). L’arbitre a accordé le but du 1-1 à Diego Costa alors que l’attaquant de l’Atletico avait commis une faute flagrante sur Pepe. L’arbitre a pourtant choisi de ne pas recourir à la Var, qui l’aurait pourtant aidé à inverser sa décision.

Malgré ces critiques, la Fifa défend farouchement le recours à l’assistance vidéo. «Faire appel au Var prend en moyenne une minute au maximum. Dans beaucoup de cas, 20 à 30 secondes suffisent», souligne-t-on du côté de l’instance, qui bénéficie de l’appui scientifique de l’Université catholique de Louvain, en Belgique. Celle-ci a réalisé une étude démontrant que la Var fait passer le pourcentage de décisions correctes de 93 à 98%.

 

linfodrome.com

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