05222017Headline:

Zidane, Tapie, Makélélé… Les révélations chocs Lisez…

zidane

Marc Roger a été l’un des agents les plus puissants de France du milieu des années 90 au début des années 2000. Dans son livre transferts, il dévoile les dessous des négociations et porte un regard toujours aiguisé sur le mercato qui vient de se clôturer.

80 millions d’euros pour le transfert d’Anthony Martial à Manchester United, que faut-il comprendre ?

Marc Roger : il faut surtout comprendre que Manchester United a mal travaillé. S’ils avaient contacté l’AS Monaco il y a un mois et demi, ils auraient pu l’obtenir pour la moitié ou pas loin. Manchester a paniqué. Je ne comprends d’ailleurs pas trop leur façon de travailler, je n’ai d’ailleurs jamais bien compris Van Gaal. Je suis surpris car ils ont laissé partir Van Persie et Falcao. Martial n’aura donc pas de concurrence. Après, pour un jeune de 19 ans, c’est beaucoup de responsabilité. Il est capable de réussir en Angleterre. Je crois beaucoup en ce joueur, il me rappelle Thierry Henry et il a des qualités exceptionnelles.

Le fair play financier semblait avoir calmé un peu les montants astronomiques. Et là, cela semble reparti de plus belle. Faut-il être inquiet pour le championnat de France ?

M.R. : Oui et non car d’un autre côté, ça permet aux clubs français d’équilibrer leur budget, ça sauve les clubs français. Maintenant, on perdra régulièrement nos meilleurs joueurs. Il faudra trouver des solutions, former. Peut-être aussi que les droits télé français ont mal été négociés aussi. Il y a deux entités en France, BeIn Sports et Canal + qui ont une puissance financière colossale. On s’est précipité. On est très, très loin des anglais. On est ridicule.

Tout le monde parle du PSG qui a déjà gagné le championnat, le club de la capitale est-il en train de tuer la Ligue 1 ?

M.R. : Non car il y aura toujours un intérêt pour la 2e place, pour les places européennes, pour le maintien… Il n’y a malheureusement qu’une seule puissance financière, et elle est à Paris. Paris c’est trois fois le budget de Lyon, quatre fois celui de Monaco. Ils jouent dans une autre catégorie. Après Paris travaille bien avec un entraineur qui gère très bien son vestiaire. Ils ont aussi fait un bon recrutement. Pour le championnat, ils auront entre 25 et 35 points d’avance sur le deuxième en fin de saison, c’est une certitude. Il faudrait d’autres groupes étrangers prêts à investir en France. Mais aujourd’hui, il faut être kamikaze pour le faire, quand on voit la fiscalité… Le problème est ailleurs que dans le football, on fait fuir les investisseurs étrangers.

En parlant du PSG, vous dites dans votre livre que Zinedine Zidane aurait pu porter le maillot du PSG, racontez-nous ce qu’il s’est passé ?

M.R. : Je connaissais très bien Zinédine Zidane et Christophe Dugarry qui jouaient ensemble àBordeaux. J’avais organisé un rendez-vous discret avec Luis Fernandez chez lui à Paris. J’étais aussi passé voir Alain Afflelou, le président des Girondins de l’époque, qui souhaitait s’en séparer. A l’époque, on parlait de 40 millions de francs pour les deux, ce qui correspond en gros à 6 millions d’euros. Cette rencontre a ensuite filtré dans la presse et ça n’a pas plu à Michel Denisot qui n’avait pas été mis au courant. Finalement, Denisot est parti sur la prolongation de Raï et il a fait venir Patrice Loko. C’est ce qui a fait que Zidane et Dugarry n’ont jamais joué au PSG.

Vous évoquez également le deuxième passage de Bernard Tapie à l’OM qui aurait été, pour Robert Louis-Dreyfus, un moyen de s’acheter un peu de tranquillité et d’éviter que Tapie ne porte plainte contre lui dans l’affaire de la vente d’Adidas.

M. R. : Robert Louis-Dreyfus me l’a confié. C’était une façon pour lui de ne pas être attaqué dans l’affaire du Crédit Lyonnais et c’était aussi un moyen de tuer le mythe. Car pratiquement à chaque match quand ça n’allait pas, les supporters scandaient le nom de Bernard Tapie. Ça avait le don de l’énerver. Il s’est donc dit qu’en faisant revenir Tapie, ça serait beaucoup plus difficile que par le passé et qu’il allait parvenir à tuer le mythe. C’est une des raisons même si la principale reste autour du Crédit Lyonnais. Il savait que ça pouvait lui coûter très cher. Robert Louis-Dreyfus était conscient de l’entourloupe qu’il avait faite à Bernard Tapie. C’était pratiquement une association de malfaiteurs.

Toujours dans le cas de l’OM, Robert Louis Dreyfus vous a fait cette confidence : « je mettrai dans mon testament que le club ne pourra pas être vendu sans le consentement de mes fils jumeaux »

M. R. : C’est ce qu’il m’a dit un jour chez lui : « j’espère qu’il y en aura un qui sera intéressé par le foot. » Et il semblerait que ce soit le cas. Il voulait qu’un des deux puissent hériter du club. C’était son souhait. Ce sera peut-être le cas un jour car pour le moment ils sont encore jeunes. Aujourd’hui, ils ont 16 ou 17 ans, ils vont faire des grandes études. Il va falloir encore attendre quelques années jusqu’à leur 25 ans ou un peu plus, sachant qu’il y a tout le groupe à gérer, pas seulement l’OM. Ce n’est pas pour demain.

Vous évoquez de nombreuses anecdotes dans votre livre notamment celles concernant Claude Makélélé.

M. R. : Lorsqu’il était au Celta Vigo, c’est vrai que le président a dit qu’il y aurait beaucoup de petit Makélélé en ville dans les années à venir. Il avait une réputation de séducteur. Autre anecdote, en 2000 le Real Madrid se manifeste pour le faire venir. Le président du Celta Vigo voulait faire capoter l’affaire pour une question d’élection. Pour se faire élire en Galice, il voulait garder le joueur. Alors que pour Makélélé, qui n’avait pas disputé la Coupe du Monde ni l’Euro, c’était un moyen de prouver à la France entière qu’il pouvait rebondir. Il peut signer au Real. Alors à un moment donné, on a mis la pression. Dans ces cas-là, on défend un être humain. Donc je suis allé porter plainte dans un commissariat local en disant que les supporters du Celta avaient menacé le joueur et vandalisé sa voiture. Sauf que les cailloux, c’est moi qui les avais jetés sur le pare-brise… Si on ne lui avait pas mis la pression, on ne serait pas parvenu à débloquer la situation.

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