01232017Headline:

Après la Présidentielle : Et si on s’intéressait un peu à ces fameuses tablettes? (L’Eléphant )

 tablettes

Nous avons donc vécu depuis des mois la chronique d’une victoire annoncée qui a été savamment construite, entretenue, amplifiée par des détails comme « K.O au premier tour ». Les voyages d’Etat aussi nombreux qu’opportuns ont été, certes, coûteux, mais l’honneur est sauf, puisque ça n’avait rien à voir avec une campagne électorale!
Toute cette cacophonie ordinaire sous les tropiques a fait que la véritable campagne électorale a été morne et sans saveur! Personne ne semblait accorder le moindre intérêt aux véritables candidats; ne parlons pas des éclats de rire concernant les guignols de circonstance qui se sont fait un petit plaisir quitte à se ridiculiser… c’est complexe! Une légère psychose sous-jacente savamment entretenue par des affiches aussi nombreuses que ridicules invoquant la paix, le sourire et la bonne humeur! (encore un marché …).
La participation populaire à ce grand évènement, comme tout le monde le savait, était prévue basse pour de multiples raisons évidentes: le manque d’entrain des électeurs dont une partie y est allée à reculons; les mots d’ordre d’abstention des uns et des autres qui tentaient de décrédibiliser le champion; la lassitude des électeurs qui commencent à se faire une idée de notre gigantesque et vertueuse classe politique; la certitude d’une victoire déjà acquise.
Quoi qu’il en soit: ce fût une belle victoire; les adversaires se sont précipités pour saluer le vainqueur, (du jamais vu) tout s’est bien passé – bref tout le monde est content.
Mais sous notre soleil tropical, quand tout semble pur et sans tâche, se dissimule toujours un élément obscur, se caractérisant naturellement par des histoires de gros sous… C’est un des nombreux charmes de cette Afrique qui se complaît à être éternellement la risée des autres continents.
Tout le monde sait que la CEI est bourrée de talents; elle nous a démontré une fois de plus sa gigantesque efficacité. L’épisode du taux de participation a été remarquable; l’épisode « tablettes » a été un modèle du genre; passons sur les détails techniques pour nous intéresser à un sujet de fond. Combien ont bien pu coûter ces fameuses tablettes dont la fiabilité est maintenant mondialement reconnue? La réponse est: onze milliards! Pas mal non? On ose imaginer que ce marché a été passé dans des conditions de transparence totale et que la rigueur comptable, bien connue en Côte d’Ivoire, n’a permis à personne de s’enrichir… même un peu!!!
Pour nous en convaincre, voici ce que l’on peut lire sur le site:
http://mondafrique.com/lire/decryptages/2015/06/12/sidi-kagnassi-letrange-monsieur-safran-dafrique-de-louest
«Puissant représentant du géant français Morpho-Safran spécialisé dans les systèmes d’identification en Afrique de l’Ouest, Sidi Kagnassi collectionne les contrats électoraux dans la sous-région. Dans le collimateur du FMI et de la Banque mondiale pour ses méthodes jugées douteuses, il n’est en revanche jamais mis en cause par la direction de Safran, ni par Paris…
(…) En 2005, lorsque la Côte d’Ivoire lance un appel d’offre pour sélectionner l’opérateur technique qui sera chargé de l’identification et de l’enrôlement des électeurs, Kagnassi est aux aguets. Ses efforts sont récompensés en janvier 2007 lorsqu’il convainc Laurent Gbagbo d’accorder à Sagem un contrat de gré-à-gré pour concocter la liste électorale de 2010. Dans l’entourage du président, ceux qui ont vu le rapprochement entre Kagnassi et Soro crient au loup dans la bergerie. Peine perdue. Le montant de départ du marché est fixé à quelques 50 milliards FCfa. Mais en avril 2007, les accords de Ouagadougou qui consacrent la nomination de Soro au poste de Premier ministre changent la donne.
L’accord signé quatre mois auparavant avec Sagem est renégocié et le montant réévalué à 68 milliards FCfa. Il prévoit désormais une période de quarante-cinq jours pour réaliser l’identification et l’enrôlement. Autant dire mission impossible. Le processus qui se prolonge finalement de septembre 2008 à juin 2009 est facturé 2,5 milliards de francs Cfa de plus par semaine de retard. Au total, le montant du marché s’élève à 160 milliards de FCfa, (150 millions d’euros), soit l’un des scrutins les plus chers jamais organisés au monde.

En cultivant ses réseaux à la fois dans l’entourage de Laurent Gbagbo et de Guillaume Soro, Kagnassi s’assure une place au soleil sous l’ère Ouattara. Depuis l’arrivée de ce dernier au pouvoir, l’homme d’affaires enchaîne les contrats notamment dans le domaine des BTP où il n’a pourtant aucune expérience. Alors qu’il ne possède pas de société dans ce secteur, il remporte fin 2011 le marché de la rénovation des Universités publiques de Côte d’Ivoire. Pour cela il use d’une astuce: sous-traiter le chantier à l’une de ses connaissances, Ali Seklaoui, PDG de la Société des infrastructures modernes et de développement de la Côte d’Ivoire (SIMDCI). Coût de la facture 48 milliards FCfa (73 millions d’euros) revu à la hausse quelques mois plus tard à 67,8 milliards FCFA, (101 millions d’euros). (…)
Le business électoral n’en reste pas moins le domaine de prédilection du « Monsieur Sagem » Ouest-africain qui ne tarde pas à exporter ses services hors des frontières ivoiriennes. Lors des élections présidentielles maliennes de 2013, c’est lui qui décroche le contrat de fabrication des cartes électorales biométriques «Nina» pour le compte de la société française rebaptisée Morpho. Critiquée pour ses pratiques opaques et même condamnée pour corruption active d’agents étrangers avec le versement de pots-de-vin en marge d’un contrat pour la fabrication, entre 2000 et 2003, de 70 millions cartes d’identité au Nigéria, la réputation de la société est pourtant sérieusement écornée. Au Mali, l’opposition ne tarde pas à tirer la sonnette d’alarme. Dès 2011, elle dénonce un surplus de production de centaines de milliers de cartes d’électeur à usage frauduleux.
Un rapport publié en 2014 par le vérificateur général du Mali, un organe administratif chargé de vérifier la gestion des ressources publiques, pointe également des irrégularités dans les procédures d’attribution et d’exécution du marché. Il critique notamment les erreurs commises par la Direction des Finances et du Matériel (DFM), instance chargée à l’époque d’évaluer les besoins en cartes d’électeur. «La DFM a commandé 8 millions de cartes NINA sans avoir déterminé les besoins avec précision (…) Elle a estimé à 8 millions le nombre d’électeurs dits potentiels au regard des fichiers électoraux existants (sans une analyse affinée par une structure techniquement et légalement compétente. Ainsi, il résulte que le total des cartes faisant l’objet de commande (…) a dépassé de 895 156 le nombre de citoyens inscrits dans les données du RAVEC et ayant atteint l’âge de voter à la date de l’élection présidentielle tenue en juillet 2013».
Comme on peut le constater, cette société et son homme de confiance local, sont au-dessus de tout soupçon et bénéficient de la meilleure image; c’est sans doute la raison qui a motivé le choix de nos chères (très chères) Autorités? Lesquelles? Pas seulement la CEI?
Sa majesté «l’Empereur» Ouattara II a déclaré, à cors et à cris, qu’il n’aurait pas d’état d’âme et que la corruption allait prendre du plomb dans l’aile; Chiche Président, vous allez demander une enquête?
Dès l’arrivée des nouveaux heureux bénéficiaires de maroquins, nous pourrons constater si la vieille garde est toujours présente pour continuer à bien vivre… On attend les jeunes loups aux dents acérées qui marqueront de leur empreinte… si l’un se faisait piquer à « manger », qu’il ne s’inquiète pas trop, Bictogo pourrait lui donner le mode d’emploi pour assurer ses vieux jours.
On ne change pas une équipe qui gagne … mais qui gagne combien??? Attention aux indigestions!
Alex Kassy
Source: L’Eléphant déchaîné n°394

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