03242017Headline:

Un jeune Ivoirien crée une structure pour de l’éclairage intlligent en Afrique

Ange frederick bama

Prix de la jeune entreprise africaine #15. Au-delà de faciliter l’accès à l’électricité, ouvrir l’Internet à tous par le solaire.

Le Point Afrique : quel problème essayez-vous de résoudre ?

Ange Frédérick Balma : Le problème du déficit énergétique et de l’accès à l’électricité pour tous, d’une part, et la problématique de connectivité à Internet haut débit, d’autre part.

Comment vous est venue l’idée de ce projet ?

Le retard accumulé par l’Afrique est dû au manque d’initiative et d’accompagnement. Les déficits d’infrastructures de base sont tout aussi préjudiciables que le manque d’initiatives. Notre envie d’entreprendre répond à ce double desideratum.

Faire de l’Afrique un continent où le développement numérique connaît un véritable coup d’accélérateur, un continent pionnier pour une fois d’une technologie innovante, une technologie verte afin d’éviter les erreurs des grandes nations où le progrès technique continue d’avoir un impact sur la santé et l’environnement.

Quelle est votre solution à ce problème ?

D’une part, nous proposons de l’éclairage led intelligent qui permette 80 % d’économie de la consommation d’énergie. Cette économie d’énergie peut être redistribuée, comblant ainsi à la fois le déficit énergétique dans nos pays et l’accès pour tous à l’électricité. D’autre part, nous permettons aux luminaires de diffuser des informations et de produire une connexion Internet.

Avez-vous identifié vos concurrents ? Si oui, qui sont-ils ?

Le marché du Lifi est au stade de son développement. Nous sommes les premiers acteurs africains de cette technologie. La concurrence est à venir. En termes d’emploi, la technologie que nous implémentons est nouvelle, elle crée de nouveaux débouchés pour l’industrie de l’éclairage, de nouveaux services en matière de publicité et donc de nouveaux emplois.

Nous en envisageons 50 créations d’emploi pour les 2 premières années. À terme, nous visons le montage d’une usine de fabrication de luminaires intelligents et de produits dérivés Liif en Côte d’Ivoire. Plusieurs centaines d’emplois seront alors créés.

Quelle est votre valeur ajoutée ?

Pour nous, il ne s’agit plus de vendre des luminaires et des sources lumineuses, mais de proposer des solutions et des systèmes pour commercialiser l’éclairage comme un service de communication sans fil. Notre technologie est une technologie verte respectueuse de la santé et de l’environnement. Elle est économique (80 % d’économie) et 10 fois plus rapide que le Wifi.

Grâce au Lifi, nous mettons en place un nouveau type de communication où la lumière devient un support de communication. Notre interface de gestion permet d’optimiser la gestion de l’éclairage. Nous créons de nouveaux débouchés pour l’industrie de l’éclairage et de la publicité. Ainsi, nous sommes pourvoyeurs de nouveaux services et de nouveaux emplois.

Comment comptez-vous rentabiliser votre projet ?

En commercialisant des luminaires et la technologie Lifi intégrée à un prix défiant toute concurrence accessible à toute la population avec une garantie de cinq ans au minimum pour la durée de vie des ampoules.

En intégrant la technologie Lifi dans les luminaires, nous comptons vulgariser l’Internet en Côte d’Ivoire et partout en Afrique.

 Aussi, nous nous rémunérons dans la vente des applications que nous implémentons (applications personnalisées et adaptées à tous les domaines d’activité).

Ce même modèle est dupliqué chez les grands immeubles, dans la grande distribution et les hôtels. Pour les ménages, le modèle économique est celui de la vente directe des luminaires avec réseau de distribution.

Qu’en est-il de l’équipe qui mettra en œuvre ce projet ?

Ange Frédérick Bama, CEO et fondateur.
Gilles Akre, directeur exécutif.
Mufassah Kande, directeur droit, développement et stratégie.
Salomée Zoura, directrice des systèmes d’information.

Quels sont vos besoins cruciaux ?

Nous avons besoin de l’implication des décideurs et des gouvernements dans la mise en œuvre du projet, d’un environnement favorable à l’émergence des nouvelles technologies et à leur divulgation, de l’internationalisation et de la conquête de l’Afrique.

Quel est l’état d’avancement du projet ?

Nous sommes au stade de la commercialisation. Des accords ont été conclus avec des opérateurs de télécommunication et des entreprises dans la grande distribution et la gestion immobilière. Des discussions sont en cours avec les structures chargées de l’éclairage en Côte d’Ivoire telles que la Compagnie ivoirienne d’électricité et Côte d’Ivoire énergie. Pour la CIE, des sites sont en ce moment en train d’être équipés.

Racontez-nous une anecdote illustrant votre difficulté à trouver des financements.

En novembre 2014, nous avons fait la rencontre d’un financier qui, au vu de notre projet, nous a assuré la mise à disposition de 250 000 000 francs CFA de crédit en soixante-douze heures. Malgré l’effectivité d’un bon de commande de 200 000 000 francs CFA et d’un fonds de garantie, nous attendons encore et toujours le financement. Il aurait dû dire soixante-douze mois au lieu de soixante-douze heures.

Comment voyez-vous votre projet dans cinq ans ?

Dans cinq ans, nous atteindrons la taille d’une multinationale prospère gérée dans un système rigoureux de responsabilité sociétale d’entreprise et de développement durable. Une entreprise qui contribue à édifier les nations africaines.

Quel est le rêve de votre vie ?

Mon rêve est de permettre à l’Afrique de rattraper son retard d’antan sur les nations développées en comptant sur des technologies révolutionnaires telles que le Lifi. Un continent intelligent où les villes entre elles sont connectées grâce au réseau d’éclairage.

Un continent où la lumière apporte effectivement de l’espoir, celui d’un développement durable et inclusif. Un continent où le progrès ne nous mènera pas nécessairement à commettre les mêmes erreurs que les nations développées, celles de la pollution radio-magnétique, de la pollution lumineuse, toutes ces choses qui, aujourd’hui, nous font craindre le réchauffement climatique.

Dans un contexte où le développement durable et l’économie verte deviennent un défi pour chaque nation, mon rêve est de mettre en place le réseau d’éclairage et de communication sans fil le plus écologique et le plus dense jamais connu.

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