09282020Headline:

YouTube fête ses 10 ans, des vidéos amateurs aux stars du Web

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La plate-forme de vidéos de Google fête ses 10 ans. Figure de proue de la culture Web, elle a lancé les vidéos sur Internet et a fait naître des nouvelles stars.

On ne peut pas plaire à tout le monde, surtout lorsqu’on connaît un succès aussi insolent que YouTube. La plate-forme de vidéos de Google fête samedi son dixième anniversaire. Le 14 février 2005, ses trois cofondateurs déposaient le nom de domaine «youtube.com». Chad Hurley, Steve Chen et Jawed Karim, anciens de Paypal, ont eu l’idée de créer une plate-forme où l’on peut héberger et chercher très facilement des vidéos en ligne. Un an plus tard, Google rachète la plate-forme pour 1,65 milliard de dollars. Une somme colossale pour l’époque, mais le jeu en vaut la chandelle: Google y voyait une belle opportunité d’innover sur le Web et de développer de nouveaux formats publicitaires. Aujourd’hui, YouTube est la référence des vidéos en ligne. Plus de 300 heures de vidéos y sont publiées chaque minute, consultées par plus de 1 milliard d’utilisateurs par mois.

Le site ne crée pas lui-même sa richesse: ses utilisateurs s’en chargent à sa place. La plate-forme dispose d’une véritable communauté avec ses propres règles et ses stars: les «youtubeurs». Cette poignée d’internautes attire des millions de spectateurs depuis leur chambre ou leur salon. Les youtubeurs français s’illustrent plutôt dans le domaine de l’humour, comme Cyprien et ses 6,7 millions d’abonnés. Les sketchs se font depuis son salon, mais avec une prise de son et une qualité d’image dignes d’une émission de télévision. Pour attirer les spectateurs, les vidéos doivent garder leur aspect «fait maison», tout en étant réalisées avec des moyens professionnels. YouTube a compris ce besoin et a ouvert cinq studios dans le monde pour tourner des vidéos sur de vrais plateaux.

Ces célébrités calibrées pour le Web ont augmenté l’attractivité de la plate-forme. Lors du YouTube Brandcast, son événement annuel pour les annonceurs, c’est EnjoyPhoenix (1,3 million d’abonnés) qui monte sur scène en compagnie des représentants de L’Oréal. La jeune femme de 19 ans s’est fait connaître grâce à ses vidéos consacrées à la beauté. Aujourd’hui, elle fait la promotion de plusieurs grandes marques de cosmétiques. Les youtubeurs sont des porte-parole efficaces, habiles avec le Web et surtout très écoutés par les jeunes consommateurs.

Leur célébrité rencontre tout de même un obstacle: celui des écrans de nos ordinateurs et de nos téléphones portables. Difficile de s’imposer dans les médias classiques très codifiés quand on a l’habitude de la flexibilité du Web. En France, Norman Thavaud – 5,6 millions d’abonnés sur YouTube – a fait un bide avec son premier film, Pas très normales activités (170.000 entrées). Il s’est depuis rattrapé avec un one-man-show qui affiche complet à Paris. Le passage à la télévision est lui aussi complexe.

Un succès jalousé

YouTube a longtemps fait peur aux chaînes, qui voyaient en la plate-forme un pilleur de contenus et d’audience. Néanmoins, le site représente aussi une belle opportunité pour la télévision en recherche d’une audience jeune. «YouTube et la télévision, ce sont un peu les meilleurs ennemis», résume un dirigeant de chaîne au Figaro. Les chaînes ont finalement investi dans la création de compte et le recrutement de talents. Début 2014, Canal + a racheté Studio Bagel, un réseau de vidéos humoristiques. Il produit aujourd’hui des pastilles pour «Le Grand Journal» et «Le Before». Canal + est aussi entré au capital de l’américain Maker Studios, qui a ensuite été racheté par le géant Disney pour 500 millions de dollars. Mais des millions de vues sur YouTube ne se traduisent pas forcément par des millions de dollars de revenus. Il est difficile de monétiser cette audience: il faut 1 million de vidéos vues pour générer 1000 euros.

Officiellement, YouTube ne craint pas la concurrence des médias traditionnels. «Un youtubeur qui passe à la télévision, c’est un youtubeur qui élargit encore plus son audience!», expliquait Robert Kyncl, directeur des opérations commerciales du site, au Figaro. Pour la plate-forme de vidéos, la concurrence la plus féroce vient plutôt du Web. Ces dernières années, d’autres grands groupes ont porté leurs efforts sur la vidéo, comme Facebook. Le réseau social revendique aujourd’hui 1 milliard de vues quotidiennes. Jusqu’ici, il s’agissait surtout de permettre à ses utilisateurs de filmer et de publier des vidéos le plus facilement possible, notamment sur mobile. Néanmoins, les vidéos de vacances ne suffiront pas à Facebook. Le réseau social cherche désormais à séduire les stars de YouTube. Cette stratégie est également celle de Tumblr, autre site très populaire chez les jeunes internautes. Fidèles mais pas exclusifs, Norman, Cyprien et les autres ont déjà investi Facebook pour y publier des courts extraits de leurs vidéos et récolter les mentions «J’aime» comme ils accumulent les vues. La culture YouTube est avant tout une culture Web…

lefigaro.fr

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