
Ce dossier traite exclusivement de la gabegie organisée autour du fonds Covid19, devises qui auraient été utilisées vers d’autres destinations. Sous Diomaye Faye, la justice veut des comptes sur ses pages noires de la finances publiques sénégalaises. C’est le début d’un épisode judiciaire qui pourrait crever l’abcès à d’autres dossiers plus costauds.
Madior Fall, l’ex garde des sceaux
L’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, a été inculpé pour tentative de corruption. Il aurait, selon un promoteur immobilier et un ancien haut fonctionnaire de son ministère, perçu une avance de 50 millions de francs CFA (environ 76 000 euros) sur un total promis de 250 millions CFA.
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En échange, il aurait offert un marché public pour la construction du centre de surveillance des bracelets électroniques. L’ancien ministre dément les faits, mais reste assigné à résidence avec bracelet électronique, le temps que la commission d’instruction statue sur la suite à donner à cette affaire.
Aïssatou Sophie Gladima écrouée pour détournement de fonds
Aïssatou Sophie Gladima, ancienne ministre des Mines a été placée en détention. Elle est accusée d’avoir détourné 193 millions de francs CFA (près de 295 000 euros), initialement prévus pour la construction d’un centre d’accueil pour les orpailleurs impactés par le Covid-19. Le projet n’a jamais vu le jour. Placée en détention, l’ancienne ministre devra répondre de ces accusations graves qui renforcent le sentiment de malversation autour de la gestion de la pandémie.
Salimata Diop et les surfacturations liées au Covid-19
La troisième personnalité mise en cause est Salimata Diop, ex-ministre de la Femme. Elle est inculpée pour complicité de détournement de fonds destinés à la lutte contre le Covid-19 entre 2020 et 2021. En liberté provisoire après avoir versé une caution de 87 000 euros, elle est soupçonnée d’avoir participé à des opérations de surfacturation, notamment sur des achats de riz et de gels hydro-alcooliques. Elle n’est pas seule. D’autres anciens ministres, dont Mansour Faye, beau-frère de Macky Sall, sont également cités dans ce dossier.
Bon à savoir de la Haute Cour
Cette série d’inculpations présente l’ambition affichée par la Haute Cour de justice de juger les plus hauts responsables sans distinction. Mise en place en décembre 2024, cette juridiction spéciale suscite toutefois des débats. La principale critique porte sur l’absence de possibilité d’appel.
En effet, les décisions de la Haute Cour de justice sont définitives, ce qui pose problème en matière de respect des droits.
Plusieurs organisations de la société civile appellent désormais à réviser la loi organique encadrant la Haute Cour afin de permettre à toute personne jugée de pouvoir faire appel, comme le prévoient les standards internationaux en matière de justice.


