
De belle analyse, ce cinquantenaire devrait sonner comme « Réveil, Inclusion, Impartialité et Action communautaire ». Par ce cinquantenaire de la CEDEAO, comment ce jubilé d’or est devenu « le bouquet de fleurs » d’une renaissance. Par ces 50 ans, aubaine a été donné aux différents Etat-membres de célébrer « leur communauté de biens » et de « se remettre en cause » pour les dérives politiques qui ont parfois, mis en berne les idéaux de l’espace et ébranler la « communauté de destin ».
L’occasion en or
On peut le dire à intelligible voix, la célébration des 50 ans est tombée à pic et a permis de sauver l’institution régionale d’une « bien-mauvaise impasse ». Timbrée dans certaines parties de l’Afrique de l’ouest, mal connue pour d’autres et très peu sous « les projecteurs des médias (Etat comme privé), la CEDEAO a su « malicieusement jouer ses cartes » à travers une « renaissance bien arrimée à la cause des peuples du reste de la sous-région ».
Le retrait du trio Sahélien aurait laissé orpheline la CEDEAO si une autre activité d’envergure ne s’y était pas intercalée pour refaire la vedette à la doyenne des espaces communautaires africaines. Considérée par moment comme un partisan de la « cause politique de certains dirigeant », moins influente dans les zones de pauvreté extrême et souvent absente dans le combat pour l’éradication du chômage des jeunes, la CEDEAO a pu, en un laps de temps changer la donne pour fixer sa « Communauté sur un nouveau cap » : la proximité, l’écoute et l’action.
Au bilan des 50 ans, la CEDEAO a réalisé un miracle et son faisceau dans les échanges et l’intégration fait la part belle de ses initiatives qui ont uni, fortifié et panacé l’Afrique de l’ouest. Cette Afrique de l’ouest où les allers et retours se font sans contrainte entre lusophone, anglophone, francophone et aphone. La réalité d’un grand espace semblable à la « grande famille africaine » est tangible.
Maintenir les indécis
Certains pays (dont les noms ne seront pas cités), également frustrés nourrissaient cette folle envie de rendre le tablier si l’occasion des 50 ans ne les obligeait pas à faire le larron. L’obligation de devoir envers la communauté, les a sans doute contraints à se rallier « de gré ou de force » juste le temps du cinquantenaire. Pour la nouvelle vie de l’institution, une chose qu’il faille combattre, c’est la « personnification des décisions partant des choix des zones à investir ».
Il faut savoir qu’en Afrique de l’ouest, tout est urgent et qu’aucun pays n’est mieux que l’autre : d’où la nécessité de savoir arbitrer et d’appliquer la règle de l’équité dans la transparence dans tous les domaines d’actions pour éviter de créer encore des « potentiels frustrés ou des faux-fuyants ».
Agriculture, pêche, insertion professionnelle, infrastructures, genre, humanitaire, appui technique et institutionnel, diplomatie active, l’alternance à la tête des Etats (avec un regard scrupuleux sur les constitutions), l’appui à l’équipement et à la formation militaire, l’éducation à la paix et à la citoyenneté, la gestion de l’information médiatique, la désinformation, etc.
Un cinquantenaire au goût du sursaut
La célébration du cinquantenaire a permis, au-delà de la symbolique, de ressouder les liens distendus entre ses membres et de réaffirmer le socle communautaire, dans un contexte régional marqué par les fractures. Le timing ne pouvait pas mieux tomber. Au moment où la CEDEAO vacillait sous les coups de boutoirs des sorties fracassantes de ses membres sahéliens (Mali, Burkina Faso et Niger), la célébration de ses cinquante années d’existence a joué un rôle inattendu : elle a retenu l’édifice à la limite de l’effondrement.
Dans les couloirs diplomatiques ou les réunions fermées des chefs d’État, la formule revenait avec insistance : « Il fallait bien un événement d’envergure pour éviter de sombrer. » La symbolique du jubilé d’or a donc offert un temps de respiration à une organisation souvent accusée de distance avec les réalités sociales et politiques des peuples qu’elle représente.
Un moment pour réaffirmer les fondamentaux
Créée en 1975 par des militaires dont certains étaient alors au pouvoir dans la sous-région, la CEDEAO a vu, cinquante ans plus tard, des militaires remettre en cause son rôle. L’ironie du sort n’échappe à personne. Mais dans ce climat tendu, le cinquantenaire a été l’occasion d’un sursaut. Au-delà des discours, la question reste entière : que va faire la CEDEAO pour rester pertinente dans un contexte régional mouvant ?
La réponse passe sans doute par un retour aux fondamentaux. Une gouvernance plus équitable, une attention partagée entre les différents pays, et une politique d’inclusion qui ne laisse pas place aux frustrations. Même si le cinquantenaire n’a fait que repousser les tensions, il a permis d’ouvrir une nouvelle fenêtre de dialogue. Le cinquantenaire a été célébré. Il a permis de freiner la chute. Reste maintenant à reprendre la marche. La CEDEAO est toujours debout, mais son avenir dépendra de sa capacité à se renouveler en profondeur, à dépasser les symboles pour redevenir un acteur crédible, utile, et surtout, écouté.


