06092026Headline:

Est de la RDC: la ville de Kalemie face à la montée du lac Tanganyika


Depuis 4 ans, la ville de Kalemie à l’est de la RDC subit de plein fouet les conséquences des inondations dues notamment à la montée du niveau des eaux du Tanganyika. En deux ans, la ville a enregistré plus de 22 000 sinistrés et plus de 11 000 maisons et autres infrastructures détruites, selon les chiffres officiels. Les habitants qui résident encore sur le littoral vivent dans l’incertitude permanente de voir le lac engloutir leurs maisons.

Au quartier Dav à Kalemie, dans l’est de la RDC, des avenues entières ont disparu laissant place au lac Tanganyika. À certains endroits, les ruines des maisons inondées et détruites sont encore visibles.

Véronique Kanunu est assise à l’entrée de sa maison, son regard tourné vers le lac. Le vent souffle et sa maison est menacée. « Nous étions à une bonne distance du lac, explique-t-elle. Pourtant, devant nous, une dizaine de maisons sont déjà englouties. Là, nous sommes en danger. Nous ne sommes protégés que par le mur de la clôture. S’il s’effondre, c’est fini, nous serons obligés de déménager ».

 

« Les gens ont tout perdu et sont devenus pauvres »
À quelques mètres de là, madame Esther prépare le repas. Mais l’angoisse du lendemain ne la quitte jamais. Sa maison n’est plus qu’à un mètre du lac. « Nous sommes inquiets. Au mois de juillet, un vent fort souffle sur le lac. Je me demande si nous allons résister. Ici, le lac a détruit non seulement nos maisons mais aussi nos vies. Les gens ont tout perdu et sont devenus pauvres », se désespère-t-elle.

Dans la ville de Kalemie, les inondations ont détruit plusieurs infrastructures, dont des écoles, des églises, des maisons de commerce, des routes, la voie ferrée et même le port public est menacé.

Lac Tanganyika: «Sa gestion doit être collégiale afin de mettre en place une politique durable sur la gestion de la montée des eaux»
Comment faire du lac Tanganyika un moteur de développement plutôt qu’un obstacle et préparer la population à la résilience ? La question a été évoqué récemment lors du salon de construction des villes dénommé Expo Béton, tenu à Kalemie. L’ingénieur Prince Amuri, chercheur sur les questions d’aménagement des zones côtières, souligne : « Il faut que les autorités sensibilisent la population et lui disent de faire attention, que le lac sera toujours avec nous. Et donc, il faut comprendre que son niveau d’eau peut monter et à un moment, il peut baisser. » Il poursuit : « Il faut impérativement remettre les talus, ça veut dire les barrières qui bloquent rapidement l’avancée de l’eau. Et enfin, il faut une politique de curage, non seulement de l’exutoire de la rivière Lukuga [un cours d’eau par lequel s’évacue une partie du Tanganyika, NDLR] mais aussi du lac. Parce que si on ne cure pas le lac, toute la sédimentation va se poser sur la partie du port et la profondeur va diminuer. » Il conclut : « Sur le plan international, quatre pays se partagent le lac et donc il y a certaines questions qui dépassent la RDC. La gestion doit donc être collégiale afin de mettre en place une politique durable sur la gestion de la montée des eaux du lac Tanganyika dans les villes côtières. »

What Next?

Recent Articles