À la suite de la dissolution de la Commission Électorale Indépendante, un collectif de partis politiques et d’organisations civiles mené par Simone Ehivet Gbagbo avec sur la table un projet de loi organique. Le texte vise à extirper définitivement les formations politiques et l’exécutif de la gestion des contrôles.
Plusieurs partis politiques et organisations de la société civile ont apparemment présenté, lundi 8 juin à Abidjan, une proposition de loi organique visant à créer un Haut Conseil électoral (HCE), appelé à remplacer la Commission électorale indépendante (CEI), dissoute par le gouvernement en mai 2026 .
Parmi les signataires figurent notamment Simone Ehivet Gbagbo et Ahoua Don Mello, deux des cinq candidats ayant pris part au scrutin présidentiel du 25 octobre 2025. Cette élection s’était déroulée dans un contexte de fortes critiques de l’opposition et de plusieurs acteurs politiques qui accusaient la CEI d’être trop proche du pouvoir et réclamaient une réforme en profondeur du système électoral.
Un Haut Conseil de onze membres
Réunis au siège du Mouvement des générations capables (MGC) à la Riviera Golf, les initiateurs du projet ont défendu une réforme qu’ils présentent comme une réponse à la crise de confiance qui entoure depuis plusieurs années l’organisation des élections en Côte d’Ivoire.
Dans son intervention, la présidente du MGC, Simone Ehivet Gbagbo, a estimé que les différentes réformes électorales engagées depuis le retour du multipartisme en 1990 n’ont pas permis de régler durablement les contestations liées à la gestion des scrutins. Selon elle, « la question de la confiance du citoyen dans l’élection reste posée ».
Les promoteurs du texte révèlent que la récente disparition de la CEI ouvre une nouvelle phase de réflexion sur l’architecture électorale du pays. Ils proposent ainsi la création d’une institution entièrement indépendante des partis politiques et du pouvoir exécutif.
“Pour la première fois, les arbitres ne seraient plus choisis parmi les compétiteurs”
Le futur Haut Conseil électoral serait composé de onze membres issus exclusivement de la société civile et de différentes corporations nationales. Les représentants des confessions religieuses, des organisations de défense des droits humains, de la chefferie traditionnelle, du patronat, des planteurs, des universitaires, du Barreau, des médias et des syndicats y siègeraient. Aucun représentant de parti politique ou du gouvernement n’y serait admis.
Les auteurs du projet affirment vouloir rompre avec un système qu’ils jugent marqué par des conflits d’intérêts. « Pour la première fois, les arbitres ne seraient plus choisis parmi les compétiteurs », a déclaré Simone Gbagbo devant la presse.
Une démarche ouverte
La proposition prévoit également un mode de sélection inédit. Les futurs conseillers électoraux choisiraient l’issue d’appels publics à candidatures, d’enquêtes de moralité et d’auditions publiques retransmises dans les médias. Leur validation relèverait d’une commission parlementaire spéciale avant une approbation par l’Assemblée nationale.
Le HCE disposerait par ailleurs d’une autonomie financière garantie par l’État et serait chargé de l’ensemble du processus électoral : révision de la liste électorale, organisation des scrutins, gestion du matériel de vote, proclamation des résultats et sensibilisation des citoyens.
Les initiés insistent toutefois sur le caractère ouvert de leur démarche. Ils invitent l’ensemble des acteurs politiques, les autorités religieuses, la société civile ainsi que les citoyens à examiner et enrichir le texte.
Outre le MGC de Simone Ehivet Gbagbo, le document est paraphé par Charles Blé Goudé pour le COJEP, Viviane Pettey pour Pour la Côte d’Ivoire, Fernand Ahile au nom du Dr Ahoua Don Mello, Paul-Hervé Agoubli pour Objectif République, Eric Zaglolé pour l’AIRD, Yves Mayebo pour ICON, Marcellin Kouamé pour le Sursaut National-CI, Nogbo Dabé pour le FPP, Gouan Moussa Koné pour le Renouveau Démocratique, Yao Kouassi Delon pour la PEC-CI et Séraphin Akadjé pour le PSD-CI.



