
Dans la précampagne en cours, l’on constate malheureusement, des obstacles à la libre circulation et à l’expression démocratique. Toute chose qui laisse croire que les uns et les autres, sont en train de semer les germes de l’affrontement pendant la campagne officielle et surtout pendant et après l’élection présidentielle du 29 novembre prochain.
En effet, le 23 mai 2009, le président du Front populaire ivoirien (Fpi, parti présidentiel), Pascal Affi N’guessan qui se trouvait au nord de la Côte d’Ivoire, a eu maille à partir avec des éléments des forces nouvelles (Fn). Son convoi qui sortait de Korhogo en direction de Boundiali, a été bloqué au corridor. Il a fallu des tractations intenses entre le patron du Fpi et les responsables militaro-politiques de l’ex-rébellion, pour que la situation se décante.
Le responsable du Rassemblement des Républicains (Rdr) n’a pu accéder le vendredi 29 mai 2009 au village de Bokeda, situé dans le département d’Oumé, où il devait animer un meeting.
En définitive, Affi N’guessan n’a pu se rendre dans le village de Lafi à Boundiali où il devait tenir une séance de travail avec les dozos (Chasseurs traditionnels). Autre fait plus récent, la scène vécue par le Directeur de campagne Rdr de la zone Abidjan-sud, le Ministre de la Recherche scientifique, Ibrahim Cissé Bacongo. Le responsable du Rassemblement des Républicains (Rdr) n’a pu accéder le vendredi 29 mai 2009 au village de Bokeda, situé dans le département d’Oumé, où il devait animer un meeting.
La voie accédant à Bokeda, selon des sources concordantes, avait été obstruée avec des troncs d’arbre et le transformateur électrique avait été saccagé. Le collaborateur d’Alassane Ouattara a dû rebrousser chemin, mais a promis de revenir bientôt sur ses pas. A Abidjan, le bras de fer qui a opposé brièvement le président du Cojep, Blé Goudé Charles au maire d’Abobo, Adama Toungara, est aussi symptomatique des frissons qui pourraient se produire pendant les élections.
CCI et code de bonne conduite, deux solutions
Le premier a d’abord contesté l’arrêté municipal pris par le second, avant de s’aligner. L’arrêté en question, pris le 27 février 2009, interdisait toute manifestation publique sur l’espace du rond-point situé en face de la Mairie. Or c’est à cet endroit que le leader de l’alliance des jeunes Patriotes, devait tenir un meeting à l’investiture de trois mouvements de soutien au chef de l’Etat.
L’on a déploré les escalades verbales entre les parties en conflit. Fort heureusement, les uns et les autres ont été habités en dernière minute par la sagesse. Toutes ces situations évoquées, montrent à quel point il y a nécessité de prendre des dispositions sérieuses pour éviter un clash avant, pendant ou après les élections présidentielles. Aussi, le déploiement total des 8.000 soldats du Centre de commandement intégré (CCI), se présente comme l’un des éléments préventifs de la déchirure sociopolitique.
Ils pourront ainsi faire respecter le droit à l’expression et à la circulation des leaders politiques sur l’ensemble du territoire.
Ces soldats (Fds-ci et Fafn), comme indiqué dans le quatrième accord complémentaire à l’accord politique de Ouagadougou (Apo), veilleront à la sécurisation du territoire national et des élections. Ils pourront ainsi faire respecter le droit à l’expression et à la circulation des leaders politiques sur l’ensemble du territoire.
Extrait du journal témoin à dateExtrait du journal témoin à date
Mais en dehors du CCI, les hommes politiques eux-mêmes et par ricochet leurs partisans, ont le devoir de tout mettre en œuvre pour éviter les pratiques antidémocratiques qui pourraient conduire à des frustrations et donc à l’affrontement. Le code de bonne conduite de la Commission électorale indépendante (CEI), adopté le 14 novembre 2007 par les partis politiques, se présente donc comme la boussole qui doit guider les uns et les autres.
Si le manque de courtoisie, de la tolérance ainsi que des violences verbales et physiques persistent, le choix de donner un caractère contraignant à ce code de bonne conduite s’impose. Le temps des réglages a sonné pourrait-on dire. Le CCI et le code de bonne conduite de la CEI, s’offrent comme deux solutions préventives aux dérapages qui pointent à l’horizon.


