06252022Headline:

Au Forum de Saint-Pétersbourg déserté par l’Occident, les Africains à l’honneur.

Dans un contexte marqué par les sanctions occidentales, les plus lourdes qu’ait jamais connues la Russie, le Forum économique de Saint-Pétersbourg s’est ouvert mardi 14 juin. La vitrine internationale qu’est censée être ce rendez-vous a logiquement perdu de son éclat. Les entreprises et les dirigeants occidentaux ne seront pas présents, mais l’Afrique représente une opportunité pour la Russie. L’Egypte est l’invitée d’honneur.

Elle semble déjà loin, l’édition 2021 où plusieurs patrons européens se pressaient au Forum pour évoquer les opportunités dont recèle le marché russe. Le patron de Total, Patrick Pouyanné, dissertait sur l’avenir du pétrole, à quelques pas du PDG de Siemens ou du président du Forum économique mondial.

La guerre en Ukraine, des sanctions occidentales d’une ampleur inédite, des restrictions de vols en rétorsion et voilà la 25e édition de ce forum forcément bouleversée. Le mot « guerre » n’y sera pas prononcé, mais ses conséquences sur l’économie russe alimenteront les discussions durant trois jours.

Vladimir Poutine, dans une lettre déjà publiée sur le site internet du Forum, évoque les sanctions « illégitimes » infligées par les pays occidentaux. Elles seraient responsables, selon lui, des crises actuelles au niveau mondial : l’inflation et les pénuries.

Pour y faire face, quoi de mieux que de se tourner vers les pays amis ? Beaucoup de représentants de l’Asie, notamment la Chine et l’Inde, sont attendus. New Delhi, dont la Russie vient de devenir le premier fournisseur de pétrole, envoie un ministre. Du côté africain, le programme annonce des ministres égyptiens, algériens, mais aussi le Premier ministre de Centrafrique. Autant d’États avec lesquels la Russie a renforcé les liens ces dernières années et avec qui elle cherche à les resserrer encore, pour passer la tempête.

La résilience de la Russie face aux sanctions sera au centre de nombreuses tables rondes. « Il est temps pour le pays de se débarrasser de ses illusions et de reconsidérer sa stratégie économique extérieure », précisent ainsi les organisateurs du Forum. Les Egyptiens, invités d’honneur, interviennent dans de nombreux panels au cours des trois jours. 

L’un d’entre eux est même consacré à la relation Russie-Egypte ce jeudi 15 juin. Au cœur des échanges notamment, la zone industrielle russe dans la zone économique du canal de Suez. L’ambition : qu’elle devienne « une porte d’entrée pour les entreprises russes sur les marchés d’autres pays du continent africain ».

Autre délégation importante, celle de la Centrafrique. Le Premier ministre lui-même a fait le déplacement et interviendra aujourd’hui au cour de la table ronde sur la relation Russie-Afrique, tout comme le président de la Commission de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale.

Là encore, les ambitions russes sont annoncées : « profiter des opportunités qu’offre l’Afrique pour l’économie et la sécurité russes ». Problématiques énergétiques et sécurité alimentaire sont les thématiques dominantes. L’ambassadeur sénégalais interviendra sur ce dernier sujet. Le président sénégalais Macky Sall a récemment fait le déplacement en Russie pour plaider la cause du continent, touché de plein fouet par le crise russo-ukrainienne.

Cependant, si certains alliés proches sont annoncés, aucun chef d’État n’est officiellement attendu. L’année dernière Felix Tshisekedi, président en exercice de l’Union africaine, avait fait le déplacement. 

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