05252022Headline:

Centrafrique: la France au banc des accusés pour « tentative d’assassinat » de Faustin Touadéra

Suite à l’arrestation de quatre militaires français, lundi 21 février, à l’aéroport de Bangui, capitale de la République centrafricaine, de nombreux messages ont inondé les réseaux sociaux en accusant les militaires français d’avoir voulu « assassiner » le président centrafricain Faustin Archange Touadéra.

Dans la soirée de ce lundi 21 février, l’équipe de protection rapprochée du général Marchenoir, chef d’état-major de la Force de la Mission des Nations unies en Centrafrique, composée de quatre militaires français, a été arrêtée à l’aéroport de Bangui, capitale de la République centrafricaine. Selon des messages distillés sur les réseaux sociaux, ces arrestations font suite à une tentative d’assassinat du président Centrafricain Faustin Touadér.

Des accusations immédiatement qualifiées de grossière manipulation par Paris et l’ONU, dans un contexte de plus en plus tendu entre la France et l’ONU d’un côté, la Centrafrique et son allié russe de l’autre. « L’Ambassade de France regrette vivement cet incident. Elle condamne son instrumentalisation immédiate sur certains réseaux malveillants et la désinformation grossière à laquelle elle donne lieu », écrivait la représentation diplomatique française lundi soir. Dans un communiqué, la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) a « regretté cet incident et condamné vivement son instrumentalisation sur les réseaux sociaux, dans une tentative de manipulation de l’opinion publique », rejetant « catégoriquement les accusations d’atteinte à la sûreté de l’Etat ».

Les relations de plus en plus tendues
La Minusca compte environ 15 000 militaires et policiers dans ce pays parmi les plus pauvres du monde et en guerre civile depuis près de neuf ans. Fin décembre 2020, une coalition de plusieurs des groupes armés qui contrôlaient alors plus des deux tiers de la Centrafrique avait lancé une offensive en direction de Bangui pour renverser le président Touadéra à la veille de la présidentielle.

Le chef de l’Etat, finalement réélu, avait alors appelé Moscou à la rescousse de son armée démunie et mal entraînée et des centaines de paramilitaires russes étaient venus s’ajouter à de nombreux autres présents depuis trois ans. Des « instructeurs non armés » assure Moscou, des combattants de Wagner, selon l’ONU et la France, qui les accusent de commettre des violations de droits de l’Homme.

Depuis leur contre-offensive fulgurante, les militaires centrafricains, essentiellement grâce aux paramilitaires russes, ont regagné la majeure partie du territoire, poussant les rebelles hors des villes et de leurs principaux bastions. Ces derniers mènent aujourd’hui des actions furtives de guérilla contre les forces de sécurité et les civils.

Melv

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