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Côte d’ivoire : Effets du changement climatique, un groupe de réflexions interpelle Partick Achi sur la gestion des parcs nationaux et forêts classées selon linfodrome

Dans une lettre ouverte dont copie nous est parvenue, des citoyens Ivoiriens, notamment de chefs d’entreprise, des étudiants et des présidents d’ONG, se disent inquiets par rapport au changement climatique en Côte d’ivoire. Ils invitent donc le Premier ministre, Patrick Achi, à jeter un regard sur la gestion des parcs nationaux et forêts classées de Côte d’ivoire. Ci-dessous ladite lettre.
Lettre ouverte à Monsieur le Premier Ministre sur le changement climatique
Monsieur le Ministre,
Notre planète est depuis de nombreuses années confrontée aux phénomènes du changement climatique et à ses conséquences qui désorganisent la vie de notre humanité et celle des différents éléments qui concourent à son équilibre. La Côte d’Ivoire où regorge une biodiversité animale et végétale, est à la croisée des chemins et subit de plein fouet les affres de cette catastrophe écologique. Vu l’accélération des dégâts causés par ce phénomène, un groupe de réflexion constitué de jeunes citoyens d’horizons divers (entrepreneurs, membres d’ONG, artistes..) a décidé dans le cadre d’une action citoyenne, de tirer la sonnette d’alarme sur cette réalité et interpeller les autorités ivoiriennes sur l’urgence de prendre à bras-le-corps ce problème qui de plus en plus, alimente les inquiétudes tant ses effets se ressentent dans le quotidien de nos populations.
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Si plusieurs facteurs sont la cause du réchauffement climatique à travers le monde, en Côte d’Ivoire, c’est la perte exponentielle du couvert forestier qui est pointée du doigt, et à juste titre, par plusieurs Ivoiriens. En effet, sur le site du gouvernement ivoirien l’on peut voir avec effarement le constat du ministre des Eaux et Forêts monsieur Alain Donwahi lors du conseil présidentiel du 17 mai 2018 : « La Côte d’Ivoire qui disposait en 1960 de 16 millions d’hectares de forêt, n’en dispose plus que de 3,4 millions (…) »
S’il est vrai que des efforts ont été déployés pour pallier ce phénomène, ils se sont toutefois montrés insuffisants et n’ont donc pas donné les résultats attendus par le ministre Donwahi.
Une question semble alors être inévitable: Quels sont les facteurs de dégradation de la forêt ivoirienne?
Si on considère le rapport du REDD+ du 10 novembre 2016 sur l’analyse qualitative des facteurs de déforestation et de dégradation des forêts en Côte d’Ivoire, l’expansion agricole (la cacaoculture en tête), l’exploitation de bois-énergie, la propagation des feux de brousse et la démographie, sont entre autres les sources du mal dans le milieu rural. Par contre, si l’on regarde de plus près le cas des espaces privilégiés de l’État tels que les parcs nationaux et les forêts classées, le problème est à chercher beaucoup plus loin. En réalité, les parcs nationaux ont été en partie pillés par des exploitants sans scrupule pendant les périodes de guerre qu’a traversée le pays quand les forêts classées sont pour leur part, abandonnées depuis 1992 à une gestion assez questionnable de la SODEFOR.
Il est aujourd’hui crucial pour l’Etat ivoirien de reprendre un total contrôle de ses forêts (parcs nationaux et forêts classées) et en faire l’état des lieux pour obtenir les aides inhérentes au rétablissement de l’équilibre de cet écosystème.
Créée depuis 1966, la SODEFOR a pour ainsi dire un bilan décevant. Avec pour mission la réalisation de 500.000 ha de forêt au rythme de 10.000 ha par an, la SODEFOR, après 25 ans, n’a pu planter en tout et pour tout que 63.000 ha (selon l’article de Asseypo Hauhouot les ressources forestières dans la problématique du développement en Côte d’Ivoire, 1992): c’est dire que les choses avaient déjà mal débuté. La gestion des forêts classées depuis 1992, est juste venue confirmer les manquements dont cette structure fait preuve, par des résultats qui sont pour le moins, loin d’être reluisants. Elle n’a pas trouvé de solution pour les migrations incessantes dans les zones forestières et aujourd’hui, un nombre important d’agriculteurs occupe des zones censées être classées. Aussi, près de 50% de la surface des forêts classées du pays (environ 2 millions d’hectares), est occupé illégalement par des agriculteurs. De tels exemples de gestion qui n’honorent pas les espoirs placés en la Société de développement des forêts, doivent interpeller les autorités pour que celles-ci prennent les décisions idoines.
Dans un souci d’amélioration continue du bien-être de notre biodiversité et de sa forêt luxuriante, le groupe de réflexion vous invite à tenir compte de ses observations ainsi que de ses solutions émises dans ce contenu. La Côte d’Ivoire gagnerait à démontrer sa bonne volonté à lutter contre le changement climatique auprès du dispositif international REDD+ au sein duquel elle s’est engagée depuis 2011. Et après avoir sécurisé son patrimoine forestier, l’Etat devrait envisager d’entreprendre un grand projet d’agroforesterie dans le domaine rural. Le groupe de réflexion est toutefois disposé à vous accompagner pour la réussite de ce challenge qui est une affaire de tous.
Dans l’attente d’une réponse de votre part, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de notre haute considération.
Golou Christelle SOVE, Entrepreneure
Philippe Komenan EKRA, artiste contemporain
Moussa BAMBA, étudiant en communication pour le développement
François KOUADIO, CEO S2i Sarl
Apalo COULIBALY, vice-président de l’ONG Young Visionnary of Africa
19/08/2021 Source : Linfodrome

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