01242022Headline:

Côte d’Ivoire: face à la CPI, Charles Blé Goudé défend ses demandes de réparations

Charles Blé Goudé a une nouvelle fois fait face aux juges de la Cour pénale internationale à La Haye, lundi 13 décembre. Acquitté définitivement de crimes contre l’humanité en mars dernier, l’ex-ministre de Laurent Gbagbo demande près de 820 000 euros à la Cour pour les années passées en détention préventive. L’ancien leader des Jeunes patriotes durant les violences post-électorales de 2010 assure que le préjudice se poursuit aujourd’hui, puisqu’il lui est impossible de rentrer en Côte d’Ivoire.

Du côté de la défense, il a beaucoup été question des obstacles au retour de Charles Blé Goudé en Côte d’Ivoire et de son statut actuel. Lundi 13 décembre, l’acquitté a demandé à la Cour pénale internationale d’user de son pouvoir concernant son passeport :

« Depuis le 16 juillet, je suis en attente de mon passeport. Autant dire que je suis en train de perdre ma citoyenneté ivoirienne. Et le citoyen Blé Goudé est désormais devenu un apatride. Je pense que vous avez le pouvoir, vous avez l’autorité, de me ramener en Côte d’Ivoire, dans un lieu sécurisé, pour que je puisse reconstruire ma vie. Me reconstruire moi-même, reprendre mes activités. Et reprendre ma vie de famille normalement, parce que j’ai été acquitté. Le procès en Côte d’Ivoire contre moi n’a pas été en bonne et due forme, ce n’était pas un procès normal. »

Un procès qui vaut à Charles Blé Goudé une condamnation par contumace à 20 ans de prison et qui, selon l’accusation, empêcherait l’ancien ministre de retourner en Côte d’Ivoire, avec ou sans passeport.

Le bureau du procureur a rejeté toute erreur judiciaire et souligné qu’à toutes les étapes de la procédure, depuis le mandat d’arrêt jusqu’à l’acquittement définitif, des juges ont validé les positions de l’accusation :

« Le fait que les juges se sont exprimés comme ils l’ont fait est pertinent par rapport à l’erreur judiciaire. Le fait que trois juges auraient souhaité que l’affaire soit jugée de nouveau, que le mandat d’arrêt a été délivré en bonne et due forme après demande de la procureure, tout cela sont autant de paramètres suffisants qui ne soulèvent aucun grief. Alors, quelle que soit l’optique retenue, quelle que soit la perspective adoptée, il n’y a pas eu d’erreur judiciaire. »

Au terme de 2 heures 30 de débats, les juges ont levé l’audience, sans fixer la date de leur décision.

Melv

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