12042021Headline:

Côte d’Ivoire: la société civile rencontre les politiques pour parler de réconciliation

En Côte ďIvoire, la société civile devance la classe politique sur la question de la réconciliation. L’organisation Alternative citoyenne ivoirienne a lancé jeudi 19 novembre son programme inclusif qui précise les grands axes et projets du processus de réconciliation nationale.

Cette initiative vise à pousser le pouvoir et l’opposition à engager rapidement des actions en faveur de la cohésion sociale, mise à mal une nouvelle fois lors d’élection présidentielle de ľan dernier dont les violences avaient provoqué une centaine de morts.

Les politiques ont été nombreux à répondre à l’invitation de la société civile. Pascal Affi N’Guessan du FPI, l’ex-Première dame Simone Gbagbo, ainsi que les représentants des partis dont le PDCI, le parti au pouvoir RHDP et le PPA-CI de Laurent Gbagbo. Chacun a exposé ses doléances habituelles en faveur de la réconciliation: le retour au pays de Guillaume Soro et Charles Blé Goudé, la libération des prisonniers politiques, afin de « réconcilier l’Etat et le peuple », précise Simone Gbagbo.

« Forcer le dialogue »
La présidente de l’organisation Alternative citoyenne ivoirienne, Pulchérie Gbalet, libérée en avril dernier après huit mois de prison, est à l’origine du lancement de ce programme inclusif pour la réconciliation nationale: « Il s’agira de valider cette stratégie pour qu’elle puisse s’imposer à l’exécutif, quelle que soit la personne qui sera au pouvoir. C’est pour cela que dans le programme on dit que quand on finit, on transformera les résultats en avant-projet de loi, pour que la stratégie ait force de loi ».

Avant cet éventuel projet de loi, les étapes du programme iront de la tournée de sensibilisation à travers le pays, à des ateliers de consultation de la société civile. Tout cela dans le but de « forcer le dialogue autour de la réconciliation ». Également présent, le président du Collectif des victimes de Côte d’Ivoire, Issiaka Diaby, déplore que la classe politique pèse autant dans les débats : « Il va falloir qu’il arrive un moment où la société civile se mette en avant et demande aux politiques de se mettre de côté. Mais s’ils doivent participer, c’est en tant qu’accusés, ils doivent se repentir. »

Le programme devrait déboucher sur des Assises de la réconciliation, pour tirer une réflexion commune à toutes les sensibilités du pays.

Melv Le Sage

Comments

comments

What Next?

Related Articles