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Côte d’Ivoire: La vérité sur la “réunion cachée” du ministre de l’Intérieur

Fact-Checking – Un message viral sur les réseaux sociaux évoquant une réunion secrète du ministre de l’Intérieur a été démenti par les autorités ivoiriennes, qui dénoncent une fake news destinée à semer la confusion.
Les autorités ont qualifié vendredi 5 septembre de “totalement infondée” l’information laissant entendre qu’une rencontre confidentielle se serait tenue dans le bureau du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité. Le message, publié par une page se présentant sous le nom Brutal Réalité, évoquait des “opérations” en cours, liées à de supposées actions subversives.

“Nous mangeons avec vous…”
Accompagné d’une photo officielle du ministre Vagondo Diomandé, le message affirmait que certains acteurs politiques ou administratifs auraient été exclus de cette réunion. « Monsieur le ministre, souvenez-vous du jour de la réunion… vous avez pris deux cafés. Et n’oubliez pas d’informer Bacongo (le ministre-gouverneur du district d’Abidjan), cette fois-ci, il n’est plus dans le jeu », pouvait-on lire. Le texte, attribué à un collectif se présentant comme « Anonymous », ajoutait : « Nous sommes parmi vous, nous mangeons avec vous… ».

Cette rumeur survient un mois après les violences ayant éclaté à Yopougon, dans la nuit du 1er au 2 août, l’une des treize communes du district d’Abidjan. L’opposition, d’abord accusée d’avoir fomenté ces incidents, a démenti toute implication. Plusieurs militants et cadres du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI, opposition) ont néanmoins été arrêtés dans le cadre de l’enquête. Depuis, l’opposition accuse le pouvoir d’être à l’origine des violences pour “museler” ses adversaires politiques.

Chargé de la sécurité intérieure et du dispositif électoral, le ministre Vagondo Diomandé occupe une position stratégique à l’approche de la présidentielle de 2025. Sa fonction en fait une cible privilégiée pour les campagnes de désinformation, qui cherchent à affaiblir la confiance dans les institutions en insinuant des pratiques opaques ou partisanes.

“Discrédit”
Alors que cette rumeur suscite inquiétude et interrogations, le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité est intervenu pour clarifier la situation et couper court à toute spéculation.

Dans un communiqué relayé par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), le ministère a fermement rejeté ces allégations. “Aucune réunion de ce type n’a jamais eu lieu. Cette information est totalement infondée et relève d’une manipulation dont le seul objectif est de troubler la quiétude des populations et de jeter le discrédit sur l’action gouvernementale”, a indiqué le texte.

Cette fausse information survient alors que le climat politique reste sensible, avec des tensions entre majorité et opposition sur les conditions du scrutin. Les réseaux sociaux se sont transformés en un terrain propice à la propagation de rumeurs et de messages haineux.

Les autorités multiplient depuis plusieurs mois les mises en garde contre les contenus frauduleux, invitant les internautes à vérifier l’authenticité des informations avant de les partager. Plusieurs campagnes similaires ont déjà visé des responsables publics ces derniers mois, dans un contexte de forte polarisation politique et de méfiance envers les institutions.

 

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