05072021Headline:

Côte d’Ivoire : Prison à vie requise pour Amadé Ouérémi et une amende de 100 millions de FCFA

Le procès du massacre de Duekoué de mars 2011 qui avait fait officiellement 265 morts recencées, entre dans sa 3ᵉ et dernière semaine devant le Tribunal criminel d’Abidjan.
La séance du jour était consacrée aux plaidoiries et réquisitions.
Au nom des organisations des droits de l’Homme, LIDOH, le MIDH et le FIDH, l’avocat des victimes a affirmé que l’accusé a agi à titre de représailles et a voulu faire souffrir le martyr à ceux qui soutenaient le Président Laurent Gbagbo.
Selon lui, Amadé Ouérémi reconnait avoir pris une part active au massacre de Duekoué carrefour puis qu’il a déclaré à la barre qu’il avait été mandaté par le Commandant Coulibaly de Kuibly et Losseni Fofana, même si les enquêtes ont démontré le contraire.
L’avocat des victimes a demandé au tribunal de condamner l’accusé à payer la somme de 1 Franc symbolique à l’État de Côte d’Ivoire pour les désagréments causés.
Au nom de la partie civile, il a plaidé pour le payement au compte des victimes qui se sont succedées à la barre des centaines de millions de FCFA.
Plaidant au nom de l’association des femmes juristes de Côte d’Ivoire, leur représentante a insisté sur les cas de violences sexuelles.
Selon elle, quand bien même l’accusé nie avoir été sur le théâtre des opérations, il a été formellement identifié par certains témoins en train de commettre des actes atroces.
Elle a plaidé pour que l’accusé soit maintenu dans les liens de la détention conformément à la loi puisqu’il est reconnu coupable des faits de violences sexuelles.
Le Procureur a indiqué que ce procès est très important, parce qu’il lance un signal fort à tous ceux qui veulent aux actes posés par l’accusé
Selon le Parquet, les faits reprochés à Amadé Ouérémi grave s’il s’en tient au nombre de morts engendrés en deux jours.
“Les faits sont graves et sont mêmes “gravissimes” avec autant de morts en deux jours “, a déploré, le Procureur.
Il a soutenu qu’Amadé Ouérémi était vraiment un chef vue ses agissements et les personnes tuées à Duekoué carrefour ne constituaient nullement une menace.
Selon lui, l’accusé a attaqué Duekoué carrefour avec sa milice burkinabè.
Le Procureur a déclaré que Amadé Ouérémi était un chef de guerre, parce qu’il est intervenu dans le désarmement de ses éléments.
Il a donné des instructions souvent tacites ou souvent express.
Dans son réquisitoire, le Procureur de la république a dépeint, l’accusé comme un homme sanguinaire, impitoyable et un élément dangereux.
Il est coupable des faits qui lui sont reprochés et qu’il vous plaise de le condamner à la prison à vie et à payer 100 millions de FCFA d’amende.
L’avocate commise d’office à l’accusé a d’abord interpellé sur l’importance du procès.
” Cette affaire doit être abordée dans ses racines et ses tenants et aboutissants”, a déclaré l’avocate.
Elle a ajouté que son client a été manipulé par des hommes politiques qui ont créé une rébellion armée qui sont encore vivants.
“Ils l’ont rassuré de faire ce qu’ils voulaient et non ce qu’il souhaitait. Il a nommément cité, le commandant Fofana Losseni, le Commandant Coulibaly de Kuibly”, a poursuivi l’avocat. J’ai espéré en vain la comparution des personnes citées. Au lieu de leur présence physique j’ai été servi par leur déposition à l’audience préliminaire”, a déploré, la défense.
” Ils disent qu’ils ne le connaissent ni d’Adam, alors que des images circulant sur l’Internet présentent, Amadé avec les FRCI, Fofana Losseni et des Forces de la Licorne”, a mentionné l’avocate en précisant au passage qu’il recevait des ordres de ses supérieurs.
Selon elle, Amadé auprès de Losseni n’était pas inquiété. Il recevait des ordres. Les commanditaires de ces actes sont tapis dans l’ombre et veulent faire porter le chapeau à un homme innocent, frêle.
“Il y a bel et bien eu génocide à l’ouest, les auteurs sont là et ils seront poursuivis tôt ou tard par la justice de Dieu. Ceux qui détenaient la clé des armes ont refusé de venir témoigner. Amadé Ouérémi n’a jamais nié qu’il a été trompé et instrumentalisé lui et ses hommes dans cette affaire. L’affaire n’est pas réglée à la source, les commanditaires demeurent”, a souligné, la Défense.
Poursuivi pour près de 24 chefs d’accusations, l’avocate a dans sa plaidoirie souhaitée que dans la sentence du juge, il ne faut pas qu’il oublie que tout ce qui a été dis n’est pas attesté de preuves. Et elle a demandé que le Tribunal tienne compte de la responsabilité solidaire de l’ONU de la France de la Côte d’Ivoire dans cette affaire.
” Ce procès a permis de nous montrer la face hideuse des hommes blancs et noirs. Des hommes sont tombés sous les idéaux des politiques véreux.
Il y a l’obligation que l’État de droit s’impose à l’État de non droit”, a conclu, l’avocate
Pour son dernier mot, l’accusé a réitéré qu’il obtenait les ordres de ses supérieurs hiérarchiques, Loss et Coulibaly.
“Depuis 2013 je dis la vérité. Je ne suis pas seul. Je n’ai pas donné l’ordre de tirer, je n’ai pas distribué d’armes. Je me retrouve seul.
Ce qui est mauvais on m’accuse d’avoir dirigé toutes ces tueries. Quand ils sont venus au pouvoir, je ne suis pas avec eux.
La Côte d’Ivoire n’est pas mon pays. Mais je suis né ici. Je ne fais pas la politique. 50 éléments sont morts à Kuibly. Je n’ai pas tué quelqu’un. Les villageois sont au courant que je n’ai pas tué quelqu’un. Ce que Dieu a créé de mauvais m’est imputé. Le travail est gâté chacun se cherche. Ils ne viennent pas me voient en prison et ne me donnent pas à manger. Ce que je dis, c’est la vérité”, a déclaré, Amadé Ouérémi.
Le juge a annoncé que le Tribunal rendra ce jeudi 15 avril 2021, la conclusion de son délibéré.
Koaci.com

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