
En tant que peuple, nous avons fait le choix de la démocratie comme mode de désignation de nos dirigeants politiques. Cette option apparait comme la plus fédératrice et la plus transparente. Elle tient compte de notre diversité, mais aussi du souci de garantir à tous les fils et filles de la nation ivoirienne la possibilité d’accéder aux hautes fonctions de l’État et à la magistrature suprême. Bien entendu, s’ils remplissent en tous points les conditions d’éligibilité définis par notre loi suprême : la constitution. La Loi Fondamentale qui elle même doit, absolument, découler de l’aspiration populaire.
Qu’on soit dans un système démocratique ou non, la vie en commun et le jeu politico-économique ne peuvent être exempts de tensions et de différends. Mais dans un système démocratique, les armes sont loin d’être le moyen approprié pour la résolution des différends politiques. Etant donné que l’essence et le sens de la Démocratie consistent à s’entendre sur des règles claires et efficaces qui nous permettent de surmonter, intelligemment et élégamment nos contradictions et désaccords. L’objectif étant de nous épargner des conflits sanglants. Qui sont l’apanage des peuples sauvages et sans boussole. La pluralité des partis politiques et la diversité des pensées politiques nous montrent clairement que chacun se bat pour imposer ses idées. Mais, ce combat politique doit se faire , sainement, dans l’intérêt des populations. Toute la démarche en politique doit être débonnaire à l’endroit du peuple et ne faire primer que ce qui concourt à son mieux-être et bien-être. Bref, à son épanouissement tous azimuts. L’égoïsme n’est pas une valeur démocratique. Le pouvoir se trouve entre les mains du peuple.
Le pouvoir se trouve dans les urnes. Que celui ou celle qui a pour ambition de nous diriger nous présente son offre de gouvernance. Si elle est en conformité avec nos aspirations, nous lui donnerons notre confiance. Dommage que nombre de ceux qui aspirent nous gouverner ne nous décline aucune offre politique. Tantôt dans des discours et attitudes de victimisation pour les uns, tantôt dans le déni permanent de démocratie pour les autres, nos politiques se détournent de l’essentiel. Ils sont dans la logique de confrontation et belligérance en permanence. Qu’on se le tienne pour dit, nous avons fait le choix des urnes et non des armes.
Nous voulons prendre une nouvelle direction. Elle est irréversible. Nous devons traiter nos pays avec plus d’honneur et de respect. Nous ne voulons plus de ces coups d’État qui détruisent la vie de milliers d’innocents et détruisent à chaque fois les progrès économiques que nous avons mis du temps à construire. Soixante (60) ans après l’accession à la souveraineté de la plupart de nos nations, point besoin de faire une démonstration sur les dégâts causés par les raccourcis (mutinerie, coups d’Etats, assassinats de nos élites) que nous avons pris .Il nous faut marquer la rupture en ne nous arc-boutant qu’à la Démocratie. C’est la condition sine qua none pour nous structurer, nous construire et faire des bonds prodigieux vers l’avant. Mais aussi entrer, véritablement, dans la modernité.
Le monde bouge, des mutations profondes s’opèrent et tout change. Nous avons, aujourd’hui, des défis communs qui sont la lutte contre le terrorisme, la révolution numérique, la problématique de l’emploi des jeunes, pour éviter que nombreux d’entre eux aillent mourir dans la Méditerranée, le développement socioéconomique des populations surtout celles vivant en milieu rural, le développement d’un système éducatif de qualité pour rendre notre jeunesse compétitive à cette ère de la mondialisation, la mécanisation de l’agriculture pour offrir une vie plus digne à nos planteurs, l’autonomisation des femmes…Etc. Ce sont des équations que nous ne pourrons résoudre que dans un fort ancrage démocratique qui, seul, nous garantit la stabilité, la transparence et un vrai engagement au travail.
La donne a changé. Oui à la démocratie. Non aux armes.
Hamed Koffi Zarour


