06252022Headline:

Evros : un migrant afghan tué par balle à la frontière entre la Turquie et la Grèce

Un ressortissant afghan est mort, lundi 13 juin, sous les balles. D’après des sources turques, les forces de sécurité grecques ont ouvert le feu sur le petit groupe d’exilés dont il faisait partie, et qui tentait de traverser la frontière terrestre, dans la région de l’Evros. Les nombreuses exactions commises à cet endroit par les autorités rendent la zone très dangereuse pour les migrants.

Un ressortissant afghan qui tentait de traverser la frontière terrestre entre la Turquie et la Grèce a été mortellement blessé, lundi 13 juin, par des tirs de garde-frontières grecs, a indiqué lundi la gendarmerie turque. Selon l’agence de presse turque DHA, la victime faisait partie d’un groupe de huit migrants qui tentaient de passer en Grèce, porte d’entrée dans l’Union européenne (UE), par le village d’Alibey, dans la région de l’Evros.

“Les forces de sécurité du côté grec ont ouvert le feu sur un groupe d’immigrants afghans qui voulaient traverser illégalement la frontière. Une personne du groupe […] a été grièvement blessée”, rapporte DHA. “Transportée à l’hôpital local public, elle est décédée malgré l’intervention des médecins”, ajoute l’agence qui assure qu’une enquête sur l’incident a été ouverte.

La gendarmerie de Meriç, près d’Edirne (nord-ouest) a confirmé le décès à l’AFP mais refusé de commenter tout autre détail rapporté par les médias turcs.

Les incidents impliquant les forces grecques sont nombreux dans cette région, frontalière avec la Turquie. Et documenter ces événements est impossible en raison d’une interdiction de se rendre dans la zone. Ni les médias, ni les ONG n’ont accès à la frontière, strictement sous contrôle militaire.

Fin mai, deux migrants afghans auraient été blessés par les forces de sécurité alors qu’ils tentaient d’entrer illégalement dans le pays. Selon des sources turques, la police grecque avait utilisé des balles en caoutchouc pour empêcher ces personnes de pénétrer dans le pays.

Un mois plus tôt, une migrante de 22 ans d’origine africaine est morte dans le fleuve Evros, frontière naturelle entre les deux pays. Son corps avait été retrouvé sans vie après un échange de tirs, dans des circonstances encore floues. “La nuit dernière, un groupe de dix personnes a tenté d’entrer en Grèce à partir de la rive turque”, avait expliqué un représentant de la police régionale. “La police grecque leur a ordonné de s’arrêter, mais ils n’ont pas obéi. Puis, il y a eu des tirs venant du côté turc. Les garde-frontières grecs ont alors tiré en l’air pour se protéger.”

Sur l’ensemble de l’année 2021, 51 corps de migrants ont été retrouvés dans la zone et amenés à l’institut médico-légal d’Alexandropoulis. La majorité de ces victimes s’est noyée dans le fleuve pendant la traversée.

Dans cette région – ou en mer Égée – les exactions des autorités grecques sont régulièrement dénoncées par les ONG et les exilés eux-mêmes. La semaine dernière, un groupe de 28 migrants est resté bloqué plusieurs jours sur un îlot du fleuve, après avoir été refoulé quelques jours plus tôt par les garde-frontières grecs.

Ce “pushback” avait pourtant permis à ces personnes, dont des enfants, d’obtenir la protection de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH). Un argument qui ne pesait visiblement pas assez lourd pour les autorités grecques. “On voit de plus en plus que, malgré ces décisions de la CEDH, les personnes ne sont pas secourues”, s’était inquiété Lisa, responsable d’Alarm Phone, à InfoMigrants. “La Grèce ne respecte pas la législation européenne. Et c’est très inquiétant”.

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