01192022Headline:

Guinée: la presse militaire décortique la scène du film d’hier et donne des solutions pour une pays nouveau

Moins de 24 heures après le coup de force perpétré par le colonel Mamady Doumbouya et ses hommes, la presse guinéenne, à l’instar des sites Aminata ou Guinée 7, se contente dans sa grande majorité de publier les différents communiqués du nouveau pouvoir militaire. Les annonces s’enchaînent : justification du coup d’État, appels au calme, à la concertation nationale, mais aussi instauration d’un couvre-feu à 20h, convocation des membres du gouvernement sortant et nomination de militaires à la tête des régions et des préfectures.

Entêtement
Comment en est-on arrivé là ? s’interroge Ledjely. C’est « l’aboutissement d’une crise que le pays vit depuis pratiquement deux ans et à laquelle le président déchu n’est pas étranger. […] Il est en effet admis que le débat né de la volonté du président Alpha Condé de s’octroyer un troisième mandat a placé la Guinée sur des charbons ardents depuis le début de l’année 2019. Et il s’est accroché à cette idée avec une telle détermination qu’il en était devenu l’otage. Inaccessible à tous les appels à la raison, il s’était évertué à anéantir tous ceux qui se dressaient sur son chemin, poursuit le site guinéen. Ce faisant, il aura balisé, sans le vouloir, la voie pour ceux qui viennent de le renverser. Car aujourd’hui, c’est de la mésentente qu’il aura instaurée dont se prévalent les nouveaux maîtres du pays. »

Recul
« C’est un énorme recul, soupire encore Ledjely, pour une Guinée qui, le 2 octobre prochain, soufflera sa 63e bougie. En 63 ans, on aurait pu faire mieux. On aurait dû faire mieux. Alpha Condé, en particulier, qui a longtemps incarné l’alternative à la dictature et à l’autoritarisme en Guinée, aurait dû s’éviter les images qui ont inondé les réseaux sociaux ce dimanche. Pour cela, il aurait fallu partir quand il le fallait. Résister au mandat de trop ! »

Qui plus est, pointe encore Ledjely, « cette manie de la soldatesque à faire irruption dans le champ politique et ces images de nos dirigeants que l’on montre à la face du monde sous leurs plus mauvais jour, voilà qui fige le continent africain. Ces images sombres, incarnées hier par Ibrahim Boubacar Keïta et aujourd’hui par Alpha Condé, ne font pas honneur à l’Afrique. »

Melv Le Sage

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