04202021Headline:

Justice : voici les charges retenus contre Amadé Ouérémi

Le procès contre le tristement célèbre chef de milice, Amadé Ouérémi, qui sévissait depuis des années dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, a débuté, hier, au tribunal de première instance d’Abidjan.

Le procès a commencé à 13h30 mn avec une vingtaine de charges retenues contre lui , notamment, atteinte à la liberté individuelle, viol, assassinat, destruction de biens, menaces, etc. Qui était le principal auteur de ces massacres à Duékoué ? Amadé Ouérémi cite le lieutenant Coulibaly, alors commandant de la ville de Kouibly, comme étant celui sous le commandement de qui il combattait.

Au cours de son audition, l’ex-chef de guerre a tout nié et mis en cause ses premiers responsables, notamment le com’zone Fofana Losseni dit Loss et un certain Coulibaly qu’il ne cessait d’appeler Coul et qui semble être au centre de toutes les actions décrites par Amadé Ouérémi: « On m’a utilisé comme un torchon qu’ils ont pris pour essuyer leur caca » a-t-il dit.

Il a même dit qu’il n’a jamais tiré un seul coup de fusil « Nous étions chargés de recharger les fusils de munitions » a-t-il affirmé en ajoutant qu’il n’était pas présent lors des tueries de Duékoué.

« C’est le lendemain que nous sommes allés à Duékoué. Ce que nous y avons vu, je n’ai jamais vu ça de ma vie. Il y avait des cadavres partout, des hommes, des femmes, des vieillards comme des bébés puisque lorsque les maisons étaient incendiées, tous ceux qui y étaient périssaient. Il y avait aussi des corps calcinés et c’est 3 à 4 jours que l’Onuci est arrivée pour ramasser tous ces corps » a-t-il avoué sans un brin de remords parce que pour lui, « tout ça, c’est la guerre ».

Selon Ouérémi, le lieutenant Coulibaly lui a livré des armes de guerre utilisées pour la prise de Duékoué sur instruction du Commandant Losséni Fofana dit Loss, tout comme les tenues militaires utilisées. Mais, Ouérémi, qui disait vivre avec sept femmes avec 18 enfants, refusait de reconnaitre qu’il avait des hommes en armes qui agissaient sous ses ordres « Pour nous, le chef de guerre, c’est Coul. Moi je n’étais que l’un de ses éléments » ne cessait-il de répéter.

« On a mis tout sur ma tête. Moi, je vais tout dire. Ce qui va m’arriver arrivera. Le com’zone Fofana Losseni dit Loss a donné l’ordre d’aller chasser les miliciens de Gbagbo, car c’est Gbagbo qui les finançait, notamment le milicien Colombo » a-t-il ajouté sur un ton de dépit. Il a enfin avoué qu’il est de nationalité Burkinabé mais qu’il n’entend pas se mêler de la politique ivoirienne. A la fin de l’audience qui a pris fin autour de 18h, l’avocate du prévenu, Roselyne Aka-Sérikpa, a crié à l’acharnement.

« Là, nous sommes au criminel. Il est juste accusé. Il n’est pas encore déclaré coupable. Et moi, je suis avocate, et en tant qu’avocate, je suis là pour défendre tout le monde quelles que soit les charges qui pèsent sur la personne de mon client. Je dois mettre tout ce qui est en ma possession comme moyen pour le défendre au mieux. Les charges retenues contre lui sont nombreuses. J’ai retenu au moins 24 charges. Il y a pratiquement tout. Ça s’apparente à un acharnement » a-t-elle dit. L’audience qui s’est déroulée sous l’autorité du président Bini Kouakou Maizan Charles et du procureur Amian, reprend aujourd’hui.

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