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Les ex-rebelles s’estiment trahis par Ouattara, appellent au retour de Gbagbo: « La Côte d’Ivoire va de mal en pis »

Des ex-combattants réunis désormais au sein de la Fédération des associations des ex-combattants de Côte d’Ivoire (FAEX-CI), ont lu publiquement, à Korhogo, fief du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, le samedi 28 septembre 2019, une déclaration d’adhésion à un parti politique. Afriksoir.net vous propose la déclaration telle q’elle a été lue, au nom du droit du public à l’information.

En plus des grands investissements étrangers, notre pays a attiré des vautours friands de pouvoir. Certains politiciens se sont donnés comme moyen d’accession à sa magistrature suprême, de piétiner ce qui fait sa force. C’est-à-dire la cohésion sociale avec de fallacieux arguments de discrimination ethnique et religieux. Ceux-ci ont fini par avoir raison sur sa devise Union-Discipline-Travail.

Le bilan est là macabre et ahurissant. Officiellement 30 mille pertes en vie humaine, de nombreuses personnes mutilées en vue de leur avis dans leur chair et dans leur âme. La régression de l’essor économique d’au moins 50 ans. Le morcellement d’une grande partie de sa population. Pour la première fois de son histoire, se retrouvent avec près d’un millier de prisonniers politiques sous appartenance ethnico-religieux (…)

Nous assistons impuissamment à la recrudescence de l’insécurité et d’une pauvreté sans aucune autre pareille. Nous réitérons pour dire que notre engagement dans l’ex-rébellion n’avait pas pour but de créer une situation de non gouvernance comme nous le voyons aujourd’hui. Mais de participer à corriger les inégalités dans le partage des ressources financières du pays. L’Ivoirien aujourd’hui a cessé de rêver. La méditerranée est remplie de ses braves fils en quête de l’eldorado européen. La Côte d’Ivoire va de mal en pis. Ses fils restant se regardent en chien de faïence.

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La FAEX-CI a réussi à fédérer la Cellule 39, le Collectif des ex-combattants, l’Association des démobilisés de Côte d’Ivoire, précédemment supplétifs des Forces armées des forces nouvelles de Côte d’Ivoire (FAFN), ex-mouvement rebelle qui a vu l’accession au pouvoir du président Alassane Ouattara mise sur les fonts baptismaux pour promesses non tenues ; ce qui avait motivé leur engagement. La FAEX CI, après plusieurs tentatives infructueuses de rentrer en possession de leur dû à savoir : La promesse d’une villa, une somme de 12 millions à chaque combattant comme prime de guerre, ainsi que leur insertion dans les tissus économiques du pays.

Non seulement les promesses n’ont jamais été tenues, mais aussi les ex-combattants sont rejetés par leur mentor d’hier au grand désarroi de leurs nombreuses familles aujourd’hui désillusionnées par le combat dans lequel ils ont placé beaucoup d’espoir. La mort en cascade de de bon nombre d’entre ceux-ci dans l’indifférence totale est aujourd’hui inacceptable.

L’ex-combattant qui au prix d’immenses sacrifices a contribué à l’accession du président Alassane Ouattara au pouvoir s’estime trahi et abusé. Après la mort de plusieurs camarades pourtant dans des revendications très pacifiques, la Fédération des ex-combattants, à l’initiative des rencontres organisées le 26 mai et le 1er juin, 2019, (…) par le président Babily Dembélé, sous l’égide du Congrès ivoirien pour le développement et la paix (CIDP) décide ce qui suit :

Désormais la FAEX-CI décide de se placer sous la bannière du Congrès (CIDP). Les revendications de ladite fédération se feront purement dans un cadre politique donne quitus au président Babily Dembélé pour défendre les droits qui sont les leurs. Informer l’opinion nationale et internationale que leurs revendications restent toujours sur la table de discussion. Demande la libération des prisonniers politiques et le retour du président Laurent Gbagbo dans son pays, ainsi que le retour des exilés.

« Nous assistons impuissant au plumage des valeurs que nous nous sommes données et au déroutage du combat que nous avons mené. C’est pourquoi nous la FAEX-CI demandons encore une fois pardon aux victimes de cette crise et prompt rétablissement à tous ceux qui en traînent encore des séquelles »

C’est donc avec un grand regret et amertume, que nous assistons impuissant au plumage des valeurs que nous nous sommes données et au déroutage du combat que nous avons mené. C’est pourquoi nous la FAEX-CI demandons encore une fois pardon aux victimes de cette crise et prompt rétablissement à tous ceux qui en traînent encore des séquelles. Nous ne réparerons certainement pas les préjudices. Nous ne reverrons certainement jamais ceux qui ont malheureusement perdu la vie. C’est pour quoi, nous appelons au bon sens des ivoiriens et leur capacité de taire les clivages à leur esprit d’ouverture et sens du pardon légendaire à leur bonne volonté et leur amour pour ce pays. A leur courage et à leur valeur pour donner une seconde chance à la paix.

A cette paix qui jalouse tant et très cher au président Félix Houphouët-Boigny qui en fait une seconde religion pour ce pays. Aux hommes politiques, nous rappelons qu’aucun pouvoir n’est éternel. Aucun individu ne demeure à jamais. Ce pays nous a été légué par nos prédécesseurs. Faisons en sorte que nous n’écrivions pas notre histoire dans sa page sombre. Nous portons en vous les responsabilités du bien- être de la population qui vous a fait confiance. Ne la décevez pas. Le peuple vous regarde et l’histoire à sa plume en main prête à vous inscrire dans la mémoire collective. Aux adversaires d’hier, appelés abusivement des pro-Gbagbo. Nous savons que votre combat d’hier est légitime. Nous aussi, aurons pris votre posture si nous étions confrontés à la même situation. Mais sachez-le, nous sommes frères et jamais aucun conflit entre frères n’est jamais resté sans solution.

« On ne devient ennemie parce qu’on s’est battu hier loin de là. On se bat parce que nous avons un idéal et aucun idéal n’est fait pour diviser mais plutôt pour consolider »

Les livres saints nous parlent des temps. Un temps pour se battre et un temps pour faire la paix. C’est vrai, nous nous sommes battus hier parce que ce temps était réservé pour. A présent, laissons le temps de la paix nous guider pour laisser à nos enfants un pays qui ne leur fera pas peur. Un pays où le Bété aura pour tuteur un Sénoufo. Où un Attié aura pour épouse une Tagbana, où un Odiénéka aura pour ami encore un Baoulé, où un Agni pourra encore saluer un Koyaka ; où un Mahouka continuera de prendre un pot encore avec un Guéré etc. Sachez-le, des frères ne se battent parce qu’ils sont forcément ennemies. De même, on ne devient ennemie parce qu’on s’est battu hier loin de là. On se bat parce que nous avons un idéal et aucun idéal n’est fait pour diviser mais plutôt pour consolider. C’est ce que nous avons tous fait hier. Des nations ont connu et ont compris cela.

(…) Allons donc de l’avant. Aux guides religieux, aidez-nous à gagner ce pari. Aux chefs traditionnels, nous comptons sur vous pour nous aider à y parvenir. Les hommes passent mais la Côte d’Ivoire demeure. L’histoire et nos enfants nous regardent. Ne les décevons pas. Grand merci encore au président Babily pour sa prise de responsabilité quant à cette initiative. Merci au CIDP pour avoir accepté de l’incuber. Donnons tous une chance à la paix et la réconciliation entre les filles et les fils de ce pays. Et sauvons notre Côte d’Ivoire. Vive la réconciliation nationale, vive le président Babily et le CIDP, vive la Côte d’Ivoire. Je vous remercie. Pour la Fédération des ex-combattants de Côte d’Ivoire.

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