
À Port-Bouët, le samedi 7 juin 2025, devant une foule en liesse réunie au stade de Petit-Bassam, lors de l’avant-dernière étape de la tournée du parti dénommée “Côcôcô”, l’ancien chef de l’État ivoirien Laurent Gbagbo, rayé de la liste électorale définitive publiée le 4 juin par la CEI, n’a pas caché sa colère. Dans Le Quotidien d’Abidjan ce mardi, le ton est donné avec un titre explosif.
« Gbagbo se déchaîne et bombarde Ouattara », illustrant une colère désormais publique du président du PPA-CI : « Ils me cherchent la bagarre, nous allons faire la bagarre ». « L’opposition riposte » face à ce qu’elle qualifie de verrouillage électoral, renchérit Notre Voie. Là encore, Gbagbo avertit : « Comme ils veulent qu’on se batte, on va se battre ».
Dans le même ton, La Nouvelle Alliance note que Gbagbo « hausse enfin le ton » et martèle : « Il n’y aura pas de quatrième mandat ». Le quotidien Le Nouveau Réveil relaie aussi son avertissement : « Attention, vous allez trop loin. Des gens que j’ai ramenés à la vie qui veulent me jeter au royaume de la mort ».
« Ingérence sauvage »
Mais ces déclarations sont loin de faire l’unanimité. Dans Le Patriote, on fustige la posture de l’ancien président : « Non Gbagbo ! Vous vous battrez seul contre la paix ». Un éditorial juge ses paroles « dangereuses » et estime que « la parole des leaders devrait unir, pas diviser ». Même son de cloche du côté de L’Expression, qui croit savoir « Comment Gbagbo s’est piégé ».
Parallèlement, un geste ravive les tensions. Le journal La Voie Originale parle aussi à sa Une d’« ingérence sauvage », en réaction à une apparition publique de Jean-Christophe Belliard, l’ambassadeur de France en pagne à l’effigie de Dominique Ouattara. Dans une déclaration publiée le 6 juin dernier, le PPA-CI dénonce une prise de position inacceptable : « Un pagne n’est jamais neutre », accuse Me Habiba Touré, porte-parole du parti.
Pour le parti de Gbagbo, c’est un « signal », un « alignement » inacceptable en pleine période électorale. Une interpellation qui réveille de vieux ressentiments, en particulier sur le rôle de la France lors de la crise postélectorale de 2011.


