05102021Headline:

Rapport du PASEC sur l’Ecole ivoirienne : quand Lobognon posait ses 8 questions lors de sa saisine

Depuis sa cellule de prison Alain Lobognon remet sur la table ses questions qui sont restées sans réponse avant que ne sorte le rapport du PASEC sur l’école ivoirienne.

Ces 8 questions orales du Député de Fresco à Madame la Ministre de l’Education nationale restées sans réponse… en 2017.
Si l’auteur, Député de la Nation est en prison depuis plus de 400 jours, nous rééditons ce qu’il avait écrit la veille d’un débat très attendu par les membres de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire.

« L’Assemblée nationale reçoit le 19 octobre 2017 à 10h, Madame Kandia Camara, Ministre de l’Education nationale, de la formation professionnelle et de l’enseignement technique.
Il s’agira pour la patronne de l’Ecole ivoirienne de répondre à 8 questions que j’ai posées, en Avril 2017, relativement à la réforme portant sur les modalités de passage en classe supérieure au primaire et au secondaire.
En effet, selon les dispositions transitoires de cette réforme, “les nouvelles modalités de passage en classe supérieure au primaire CP1, CE1 et CM1 et au secondaire pour l’année 2016-2017, les élèves passent automatiquement en classe supérieure. Pour les classes de CP2 et CE2, l’élève passe en classe supérieure si leur moyenne générale annuelle (MGA) est supérieure ou égale à 4/10. Si cette note annuelle est inférieure à 4/10, soit 8/20, l’élève redouble.
Dans l’enseignement secondaire, de la 6ème à la 3ème, la moyenne générale annuelle minimale pour accéder en classe supérieure est 9/20, soit de 4,5/10. Si au secondaire, la moyenne de l’élève est comprise entre ‪7/20‬ et 8,99/20, soit 3,5/10 et 4,49/10, l’élève redouble. Si la moyenne est inférieure à ‪7/20‬, l’élève est exclu, sauf cas d’exception.”
Dans ma saisine, j’ai relevé l’invitation du Ministère aux Ivoiriens à “comprendre la nouvelle réforme de passage en classe supérieure” en justifiant “qu’il faut savoir que les redoublements coûtent à l’Etat ivoirien et aux familles, 87 milliards de FCFA par an. Et, le redoublement empêche certains élèves à avoir des places dans les écoles.”
Afin de permettre aux Ivoiriens de suivre le débat, je vous présente ici les 8 questions de ma saisine.

  1. Ne faut-il pas reconsidérer cette énième réforme qui risque de formater annuellement des milliers de citoyens ne sachant ni lire, ni écrire à la sortie du système scolaire?
  2. Comment la Côte d’Ivoire pourra-t-elle justifier la prolifération de reclus de l’éducation contrants de sortir de son système de formation dès l’atteinte de leur seizième année, parce que l’école les ayant maintenus sur les bancs scolaires sans chercher à leur inculquer le goût de l’apprentissage aux lettres et aux chiffres dès les premières années d’école?
  3. N’a-t-elle pas bien raison cette jeune dame, passionnée des débats d’idées qui affirme et je cite : “L’éducation nationale ne fait pas d’économies, elle investit dans l’avenir des citoyens du pays.” Fin de citation?
  4. N’a-t-il pas raison cet enseignant quand il dit que “les redoublements coûtent certes, mais pas autant que la mauvaise qualité de notre système éducatif”?
  5. Ne faudrait-il pas accepter enfin de mener en profondeur la réforme sur l’école ivoirienne?
  6. Ne faudrait-il pas penser une nouvelle école ivoirienne, où l’enfant mal ou peu disposé pour une longue formation, serait orienté vers une formation qualifiante au terme d’une formation technique ou professionnelle ?
  7. Comment Madame la Ministre de l’Education nationale, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle entend-elle procéder pour rassurer l’ensemble de la Nation ivoirienne sur le bien-fondé de cette réforme sur les modalités de passage en classe supérieure au Primaire et au Secondaire?
  8. Madame la Ministre et ses services ont-ils déjà envisagé la possibilité de permettre aux collectivités territoriales de disposer des budgets nécessaires à la construction d’établissement d’enseignement de proximité conformément aux dispositions de la Constitution et à la Loi loi n°2003-208 du 07 juillet 2003 portant transfert et répartition de compétences de l’Etat aux collectivités territoriales?
    Cette séance sera également l’occasion de poser des questions plus récentes sur les frais de scolarité qui en rajoutent aux coûts très élevés de l’Ecole en Côte d’Ivoire.
    Alain Lobognon,
    Député de Dahiri – Fresco – Gbagbam – 17/10/2017 »

Sapel MONE

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