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Affaire du Mali: « Si on est en sécurité pour manifester, on doit sûrement être en sécurité pour voter », l’UE ironise les Maliens

Les jeudi 13 et vendredi 14 janvier 2022 à Brest au nord-ouest de la France, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne (UE) se sont réunis et ont évoqués, entre autres sujets, la situation au Mali. Les Vingt-Sept ont parlé d’une voix unie et déterminée pour soutenir les sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA à l’encontre de la junte malienne.

Dans un contexte de tension d’un niveau inédit avec la Russie sur l’Ukraine et plus largement sur la sécurité et la défense européennes, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne (UE) étaient réunis, jeudi 13 et vendredi 14 janvier à Brest, ville portuaire en Bretagne, au nord-ouest de la France. Evoquant la situation au Mali, les ministres des Vingt-Sept pays membres de l’Union européenne (UE) sont revenus sur le refus de la junte malienne d’organiser rapidement des élections pour rendre le pouvoir aux civils.

« La situation ne va pas dans la bonne direction et la junte ne donne aucun signal positif, au contraire», a déclaré le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrel. Selon RFI, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne se sont mis d’accord sur les points suivants : « Plein soutien et front uni avec la Cédéao (la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest) dont nous saluons une fois de plus le travail. Nous préparons des sanctions contre ceux qui font obstruction à la transition. Nous maintenons nos activités et nos missions de formation et de conseil aux forces armées et aux forces de sécurité intérieures maliennes. Nous maintenons la suspension de l’appui budgétaire ».

« La raison qui est invoquée d’allonger la transition, c’est des raisons de sécurité, je pense que si on est en sécurité pour manifester, on doit sûrement être en sécurité pour voter », a ironisé le ministre des Affaires étrangères français Jean-Yves Le Drian, par rapport aux manifestations de vendredi au Mali.

Des milliers de manifestants protestent contre les sanctions de la Cédéao
Des milliers de Maliens ont manifesté, vendredi 14 janvier à Bamako et à travers le pays, contre les sanctions de la Cédéao décrétées pour punir les militaires qui ont repoussé les élections et la transition de plusieurs années. Parés des couleurs nationales vert, jaune et rouge, des milliers de manifestants ont commencé à se masser dans la capitale, sur la place de l’Indépendance pour la prière hebdomadaire ouvrant un après-midi de mobilisation orchestrée par les militaires. Certains manifestants ont passé la nuit sur le boulevard desservant ce haut lieu des manifestations maliennes.

« Aujourd’hui le monde entier voit où se trouve la légitimité populaire », a déclamé le Premier ministre de transition Choguel Kokalla Maïga, devant des milliers de Maliens massés dans la capitale sur la place de l’Indépendance. « Toute l’Afrique regarde le Mali aujourd’hui. Dans une certaine mesure, le destin de l’Afrique se joue au Mali aujourd’hui », a déclamé dans une harangue aux forts accents de patriotisme, de résistance et de panafricanisme ce vétéran de la politique intronisé par les militaires à la tête d’un gouvernement dit de transition.

Choguel Kokalla Maïga, qui avait troqué pour la circonstance son habituel boubou pour l’uniforme, a convoqué l’histoire de la résistance au « colonisateur » français pour dire que « ce sont les enfants, fils et arrière-petits-fils de ces hommes-là qui sont à la tête de l’État aujourd’hui ». « Dieu et le peuple sont avec le gouvernement de transition […]. Tous ceux qui vont se mettre contre cette transition, Dieu ne les aidera pas, Dieu va leur barrer la route », a-t-il prédit.

Melv

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