06092026Headline:

Au Kenya: Nouvelle manifestation contre un futur centre américain de quarantaine


La ville de Nanyuki, dans le centre du Kenya, connaît un 9 juin mouvementé, entre arrestations et tirs de gaz lacrymogènes : des centaines de personnes manifestent à nouveau contre un centre de quarantaine destiné à des Américains présentant des risques de contamination à la fièvre hémorragique Ebola.

Au Kenya, de nouvelles manifestations ont éclaté ce mardi contre un projet de centre de quarantaine pour les ressortissants américains touchés par le virus Ebola. Il doit être installé sur une base aérienne près de Nanyuki, à environ 200 kilomètres de la capitale, Nairobi. Ce projet y rencontre une vive opposition alors que le Kenya n’a, à ce jour, recensé aucun cas du virus.

La semaine précédente déjà, plusieurs centaines de manifestants étaient descendus dans la rue et deux personnes avaient perdu la vie.

 

Des manifestants avec de faux cercueils
Ce 9 juin, la situation est également très tendue à Nanyuki. Tôt ce matin, la police a été déployée en nombre dans les rues du centre-ville. Quelques centaines de personnes ont tenté de manifester mais ont été, à plusieurs reprises, dispersées par des tirs de gaz lacrymogènes. Les protestataires ont clamé des slogans d’opposition au projet de centre de quarantaine. Certains sont venus avec de faux cercueils, d’autres en tenues de protection médicale.

Ce sont surtout des habitants de Nanyuki. Ces derniers s’inquiètent de voir le virus arriver près de chez eux, pour leur santé, celle de leur famille, mais aussi des conséquences d’un tel centre pour l’économie de la ville, qui est très touristique, au pied du mont Kenya.

La base aérienne est en effet frontalière de la ville, sous haute sécurité.

Le projet est suspendu par la justice kényane depuis le 28 mai. Mais, selon l’agence de presse Reuters, des avions militaires américains sont déjà arrivés sur place, transportant du matériel et du personnel.

Les autorités kényanes multiplient aussi les prises de parole pour convaincre. Le ministre de la Santé a affirmé que le centre pourrait accueillir des patients kényans. Mais cela ne suffit pas pour convaincre. « Nous n’accepterons pas le virus Ebola chez nous », ont répété à RFI plusieurs manifestants ce matin.

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