05192022Headline:

Burkina: des étudiants mettent les décisions de la CEDEAO à nu

Depuis le coup d’État militaire du lundi 24 janvier, au Burkina Faso, la vie suit son cours normal à Ouagadougou. À part le couvre-feu, en vigueur de minuit à 4h00 du matin, rien ne témoigne d’un récent changement brutal de régime. Entre soutien, désintérêt et résignation, les Ouagalais se sont accommodés du nouveau régime immédiatement. C’est le cas aussi de nombreux étudiants qui espèrent que la Cédéao ne douchera pas leurs nouveaux espoirs.

Ce samedi après-midi, le vaste campus de l’université Joseph Ki-Zerbo est dépeuplé. Il reste quelques étudiants qui sirotent un café au kiosque ou viennent chercher un livre dans une des bibliothèques ouvertes. Rares sont ceux qui dénoncent le putsch et tous souhaitent que les putschistes améliorent la situation sécuritaire.

Quant à la Cédéao qui a suspendu le Burkina et n’écarte pas d’autres sanctions, elle ne trouve plus grâce aux yeux de Kadlé, en troisième année de philosophie : « Je n’attends rien d’eux, en fait. Avec l’insécurité que nous vivons au Burkina Faso depuis des années, on n’a jamais vu la Cédéao disant qu’ils vont venir sortir les Burkinabè de cette insécurité. Et c’est maintenant, au moment où les Burkinabè prennent leurs responsabilités, qu’ils se déplacent pour venir dire quoi que ce soit. Qu’ils sanctionnent ou qu’ils ne sanctionnent pas, ça ne changera rien ».

Après une première délégation de militaires, samedi 29 janvier, des ministres viendront lundi 31 janvier. Leur compte-rendu servira de base aux décisions que la Cédéao prendra lors d’un nouveau sommet jeudi prochain.

Pour cet étudiant l’organisation régionale est dans son rôle avec le Burkina, mais elle ne doit pas aller plus loin : « Comme ils disent, ce sont les textes de la Cédéao. Il n’y a pas de problème si ça reste au niveau des principes. Là, on peut comprendre mais s’ils adoptent d’autres sanctions, comme ils l’ont fait avec le Mali, ce n’est pas ce dont nous avons besoin maintenant. Et si la Cédéao veut que cela n’aille pas trop loin, il faut mettre les moyens pour qu’il y ait un minimum de sécurité pour qu’on organise les élections. Je pense d’ailleurs que ce doit être la même chose au Mali ».

« Il faut des élections, il faut la démocratie mais si ça ne donne pas de résultats, à quoi ça sert ? » s’interroge-t-il encore.

Melv

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