03022021Headline:

Burkina Faso: l’Abbé Rodrigue Sanon retrouvé sans vie dans la région des cascades

Le corps sans vie d’un prêtre a été retrouvé jeudi dans la région des Cascades, au Burkina Faso. L’homme était porté disparu depuis le 19 janvier 2021. Les circonstances de sa mort restent encore floues.
Un prêtre porté disparu depuis mardi au Burkina Faso a été retrouvé mort jeudi dans une forêt du sud-ouest où sévissent des djihadistes, nouveau signe de la dégradation sécuritaire de ce pays d’Afrique de l’Ouest.

«C’est avec une profonde douleur que (j’annonce que) le corps sans vie de l’abbé Rodrigue Sanon a été retrouvé ce jour 21 janvier dans la forêt classée de Toumousseni, à une vingtaine de km de Banfora», a déclaré dans un communiqué transmis à l’AFP Mgr Lucas Kalfa Sanou, évêque de Banfora, capitale de la région des Cascades dans le sud-ouest du Burkina Faso.
Les circonstances de la disparition de l’abbé de la paroisse Notre dame de Soubaganyedougou, et de sa mort restaient jeudi soir floues.

C’est la première fois qu’un prêtre est retrouvé mort dans cette région du sud-ouest du Burkina Faso, frontalière du Mali et de la Côte d’Ivoire et où des groupes djihadistes sévissent.

L’abbé Rodrigue Sanon avait pris la route mardi matin à Soubaganyedougou pour rejoindre Banfora, capitale régionale.

«Il n’est jamais arrivé à destination», avait annoncé le lendemain Mgr Lucas Kalfa Sanou. La voiture de l’abbé avait été retrouvée vide sur l’axe routier.

Des opérations de ratissages avaient été lancées par les forces de sécurité dès l’annonce de sa disparition.

Selon une source sécuritaire à Ouagadougou contactée par l’AFP, «tout laisse à penser qu’il s’agit d’un enlèvement par des groupes armés terroristes», la terminologie employée par les autorités au Sahel pour qualifier les djihadistes.

«Ils ont probablement dû exécuter leur otage pour se défaire du maillage sécuritaire», a continué la même source.

«alerte maximale»

Au Burkina Faso, théâtre d’attaques djihadistes de plus en plus nombreuses depuis 2015, des groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda pour certains et à l’organisation État islamique (EI) pour d’autres sévissent.

Le sud-ouest, frontalier du Mali et de la Côte d’Ivoire, d’abord moins touché par les attaques que le Nord et l’Est, est peu à peu devenu une zone de présence djihadiste.

En mai 2020, une large opération militaire menée conjointement par la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso avait voulu déloger les djihadistes présents dans la zone frontalière entre les deux pays.

Un mois plus tard, quatorze soldats ivoiriens avaient été tués du côté ivoirien de la frontière avec le Burkina Faso, à Kafolo.

Du même côté de la frontière, les forces de sécurité étaient depuis mardi «en alerte maximale» pour retrouver le prêtre disparu, a indiqué jeudi à l’AFP le sous-préfet de Kaoura (département Ouangolo, en Côte d’Ivoire à la frontière burkinabè), Adama Karka Coulibaly.

«Les dozos (chasseurs traditionnels, ndlr) ivoiriens et burkinabés qui maîtrisent la brousse» avaient également été mis en alerte, de même source.

«Sécurité et stabilité» promises
La situation sécuritaire ne cesse de se dégrader au Burkina Faso, qui a réélu fin 2020 le président Roch Marc Christian Kaboré à un second mandat.

Roch Marc Christian Kaboré, qui n’a pas pu enrayer la spirale djihadiste pendant son premier mandat, a promis le retour de «la sécurité et la stabilité».

Des pans entiers du territoire continuent d’échapper au contrôle de l’État.

Contre les groupes djihadistes à l’influence grandissante dans la sous-région depuis 2012, Ouagadougou est engagé avec ses partenaires, régionaux (Mali, Niger, Mauritanie, Tchad) et internationaux (France).

Ils doivent ensemble réévaluer leur engagement en février lors d’un sommet à N’Djamena, durant lequel un point doit également être fait sur le devenir de l’opération française Barkhane.

Jeudi, Paris a annoncé avoir tué mi-janvier une «vingtaine» de djihadistes dans le nord du Burkina Faso lors de frappes aériennes.

Les attaques djihadistes, qui ciblent régulièrement des églises et des religieux, ont fait près de 1200 morts et plus d’un million de déplacés depuis 2015, dans ce pays sahélien pauvre d’Afrique de l’Ouest.

Mi-août, le grand imam de Djibo et président de la communauté musulmane de cette importante ville du nord, Souaibou Cissé, avait été retrouvé mort trois jours après son enlèvement par un groupe d’individus armés qui avaient intercepté le car dans lequel il voyageait.

Un an plus tôt, le curé de la même ville (Djibo) avait également été enlevé. En 2018, le père César Fernandez, missionnaire espagnol, avait été tué dans le centre du pays.

Tdg

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