
En présence des autorités diplomatiques et des responsables de la Direction générale de la documentation et de l’immigration (DGDI), le couple présidentiel Gabonais a symboliquement matérialisé l’adoption d’un passeport modernisé, conforme aux standards internationaux et au Commonwealth, dont le Gabon est désormais membre.
Dix ans de préparation pour rejoindre le bloc CEMAC
Le Gabon était jusqu’à présent le seul État membre de la CEMAC à ne pas avoir adopté le passeport commun. Après dix années de discussions et d’harmonisation des critères de convergence, les autorités ont enfin validé, le dimanche 15 mai, l’homologation du nouveau passeport biométrique.
«On n’a pas traîné le pas, c’est un long processus. Lorsque l’on doit s’arrimer à des normes, il y a des critères de convergence qu’il faut respecter», a expliqué Bernard Gnamankal, Directeur général de la DGDI. Cette phase préparatoire rigoureuse a permis de garantir que le Gabon respecte les mêmes exigences techniques et sécuritaires que ses partenaires : Cameroun, Centrafrique, Congo, Guinée équatoriale et Tchad.
Un document ultra‑sécurisé
Le passeport CEMAC se distingue par ses technologies de pointe. Il intègre une puce sécurisée et une page de données en polycarbonate, conçue pour résister aux falsifications. «Ce passeport va embarquer une nouvelle puce plus sécurisée, avec un portrait holographique directement superposéà la photo du titulaire», détaille Eddy N’Gaba, directeur des systèmes d’information à la DGDI.
Grâce à ces innovations, le risque de fraude est considérablement réduit. Les Gabonais bénéficient désormais d’un document plus fiable pour voyager, tant au sein de la sous‑région qu’à l’international.
Outre ses atouts sécuritaires, le passeport biométrique CEMAC a l’avantage d’harmoniser et de simplifier les démarches administratives. Les procédures de demande et de renouvellement ont été allégées, permettant aux citoyens de l’obtenir plus rapidement et à moindre coût. Le MAE a mis en place une plateforme numérique facilitant la prise de rendez‑vous et le suivi des dossiers. L’objectif est de réduire les files d’attente et d’améliorer l’accessibilité du document, y compris dans les provinces les plus éloignées.
Un précieux sésame pour l’intégration sous‑régionale
Malgré ces contraintes, l’adoption du passeport CEMAC représente un pas décisif vers une intégration plus poussée en Afrique centrale. En s’alignant sur les normes régionales, le Gabon envoie un signal fort à ses partenaires : il est prêt à renforcer la coopération et à participer activement à la construction d’un espace économique commun.
Pour tirer pleinement parti de ce nouveau document, plusieurs défis restent à relever entre autres négocier la suppression totale des visas entre tous les États CEMAC, former et équiper les services de contrôle des frontières pour gérer efficacement les passeports biométriques. Il s’agira également de sensibiliser les citoyens sur les nouvelles procédures et sur l’importance de la sécurité documentaire et de renforcer la coopération policière pour prévenir les trafics et les migrations clandestines.


