05252022Headline:

Gambie: libération des sept militaires sénégalais otages du MFDC en Casamance

Images des militaires en patrouille (Photo d’illustration)

En Gambie, sept militaires de la mission ouest-africaine en Gambie ont été libérés, ce lundi 14 février à la mi-journée, par des rebelles casamançais. Ils étaient retenus en otage depuis un accrochage survenu le 24 janvier dernier.

La cérémonie très sobre s’est déroulée en l’absence de Salif Sadio, le chef du MFDC. Les sept militaires sont apparus en bonne santé, sains et saufs. Ils sont arrivés les mains libres, entourés de rebelles. La remise des prisonniers de l’Ecomig s’est déroulée en milieu rural, près de la frontière avec le Sénégal, indique notre correspondant à Banjul, Milan Breckmans.

Grands absents de cette cérémonie : le chef rebelle donc, mais aussi les autorités de Dakar et Banjul qui n’ont pas envoyé de représentant. Quelques personnalités ont fait le déplacement, à travers des pistes sinueuses en pleine forêt. Aux côtés du représentant de la Cédéao, figurent deux membres du CICR, ainsi qu’un responsable de la communauté Sant’Egidio, communauté qui a fait office de médiateur pour favoriser cette libération.

Les discours ont été précédés d’un épisode plutôt administratif : sans un mot, chaque militaire a signé un papier attestant de sa remise en liberté. Document contresigné par le Nigérian Claude Kondor, qui représente la Cédéao. Il a remercié chaudement le MFDC pour son geste : « Nous avons vu des guerres dans d’autres pays, mais des gestes comme ça, c’est du jamais vu. Au nom de la Cédéao, je veux vous remercier pour ce geste qui est en accord avec les lois humanitaires internationales. »

Les soldats montent à bord des jeeps de la Croix-Rouge, en terrain neutre, direction les baraquements Cédéao à Banjul.

Un petit moment de tension s’est produit lorsque les rebelles ont, un temps, décidé de retenir des objets appartenant aux militaires. Leurs montres, leurs casques et leurs gilets pare-balles, notamment.

Des tractations en coulisse

Les sept soldats étaient retenus en otages depuis un accrochage le 24 janvier entre la force de la Cédéao et des rebelles du MFDC. Des tractations avaient alors été menées en coulisse pour obtenir leur libération. Les principales discussions se sont déroulées sous l’égide de la communauté Sant’Egidio, un interlocuteur neutre en lequel chaque partie a confiance, puisqu’elle arbitre depuis dix ans les discussions de paix en Casamance.

Rien n’a filtré sur la nature de ces discussions, ni même sur les conditions de la libération des prisonniers. La semaine dernière, Salif Sadio a laissé entendre qu’il était disposé à libérer les sept militaires de la Cédéao : « Si les conditions se remplissent, immédiatement, on les libère ». Des journalistes ont même pu filmer les otages comme preuve de vie.

Selon une bonne source, Salif Sadio a finalement libéré les sept prisonniers « sans condition », pour rétablir un « climat de confiance » avec Dakar.

On a beaucoup travaillé avec Salif Safio depuis le début car il ne comprenait pas. Selon lui, des militaires de la Cédéao avait attaqué de MFDC […] Il a compris que le problème n’est pas seulement entre lui et le Sénégal mais qu’une part du problème était au niveau de la Cédéao mais au niveau aussi de la Gambie […]

Entretien avec le Père Angelo Romano, membre du bureau des relations internationales de Sant’Egidio. Il a participé à la médiation pour cette libération

Bineta Diagne

Une commission d’enquête en Gambie
Les soldats sénégalais « se trouvent dans un bon état physique général », selon l’armée qui s’est fendue d’un communiqué quelques heures après leur libération, rapporte notre correspondante à Dakar, Théa Ollivier. L’état-major à Dakar assure qu’une mission conjointe de vérification, faite avant la libération des sept militaires, « avait pu confirmer que l’attaque du contingent s’était bien déroulée en territoire gambien ». Précédemment, l’armée avait assuré que cette attaque avait eu lieu « dans le cadre d’une opération de sécurisation et de lutte contre les trafics », notamment de bois.

Du côté de la Gambie, les autorités ont créée une commission d’enquête au lendemain de l’accrochage du 24 janvier.

Melv

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