01212022Headline:

Guinée: «Je donnerai ma vie entière à ce peuple» Mamadi Doumbouya

Mamadi Doumbouya, le président de la transition de Guinée, accorde son premier entretien à un média international depuis le coup d’État du 5 septembre dernier. Il revient notamment sur les récentes sanctions de la Cédéao et sur la nomination de son gouvernement, entièrement formé de technocrates et sans aucun ancien ministre. Il évoque aussi le sort de son prédécesseur Alpha Condé, qu’il remet entre les mains de la justice.

RFI : Il y a quelques mois, deux mois exactement, vous preniez le fauteuil de chef d’État, vous renversiez le président Alpha Condé. Que s’est-il passé exactement ? Pourquoi l’avoir renversé vous qui lui devez votre place ?

Mamadi Doumbouya : Depuis plusieurs années, nous avons eu des dysfonctionnements de nos institutions, liés souvent à la tension sociopolitique dans notre pays. Et les Guinéens ne se regardaient plus comme des frères. Il se regardaient comme des adversaires politiques. La gabegie financière de notre pays nous a poussés à prendre nos responsabilités. Et la responsabilité qui est grande pour nous, d’abord je dis depuis le 5 septembre qu’il faut qu’on commence, et qu’on commence à s’aimer comme avant parce qu’on ne s’aimait plus.

Mais, vous apparteniez à ce régime-là. Vous avez servi Alpha Condé. Vous n’avez pas vu cela ? Vous n’y avez pas participé ? Vous ne vous sentez pas un peu comptable de tout ce qui se passait ?

Cela fait plus de dix ans que j’ai décidé de laisser femme et enfants, par amour pour mon pays. J’ai laissé l’Occident pour venir servir mon pays.

Ce n’est pas lui qui vous a fait revenir au pays ?

Non. J’ai décidé tout seul de venir en Guinée. Et pour être clair avec vous, le professeur Alpha Condé qui a été président de la République de Guinée, on s’est vus deux fois. La première fois qu’on s’est vus, c’était le 2 octobre 2018 pendant les fêtes d’indépendance de la République de Guinée. Et après cela, on s’était vus dans une cérémonie lors d’un décès. Je pense que la loyauté était entre le pays et un homme… le choix est vite fait. Je pense que je n’étais pas venu pour servir un homme, mais j’étais venu pour servir la République de Guinée, et en tant que soldat, ma mission était de servir la République.

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