10202021Headline:

Guinée/ Transport des minerais : “Aucune entreprise avec des intérêts étrangers ne pourrait être désignée”

Le Comité national du rassemblement et du développement, organe dirigeant la Guinée depuis le coup d’Etat, tient depuis mardi des consultations avec les dirigeants politiques et économiques. La réunion avec les miniers a surtout permis de les rassurer sur la sécurité de leurs investissements.

En Guinée, la junte au pouvoir depuis deux semaines demande une plus grande implication des Guinéens dans l’exploitation minière. C’est ce qu’a déclaré son leader, le colonel Mamady Doumbouya, lors d’une rencontre avec les acteurs du secteur le 16 septembre à Conakry.

« Une attention particulière sera accordée au respect du contenu local. Aucune entreprise avec des intérêts étrangers ne pourrait être désignée […] pour le transport des minerais, notamment par voie terrestre et pour le transport des travailleurs », a déclaré le nouvel homme fort du pays, précisant que seule l’incapacité des locaux ouvrirait la voie à des dérogations.

Le président du Comité national du rassemblement et du développement (CNRD) a également ajouté que les nationaux devront avoir la priorité pour tous les recrutements aux postes administratifs dans les filiales locales des compagnies minières. Notons tout de même que la protection des investisseurs miniers et la sécurité de leurs opérations continueront d’être garanties.

Si ces déclarations ont suscité les applaudissements nourris de la salle, il faudra attendre pour savoir si elles obéissent véritablement à une volonté de faire davantage profiter les Guinéens des bénéfices liés à l’exploitation de leurs gisements miniers, ou s’il s’agit simplement de populisme.

Qualifiée de « scandale géologique » en raison de ses immenses ressources minérales, la Guinée fait toujours partie des pays les plus pauvres de la planète, à cause notamment des problèmes qui ralentissent le développement de son secteur minier. Si le pays est deuxième producteur mondial de bauxite, il ne produit par exemple pas le moindre gramme de fer malgré les immenses réserves du mont Simandou dont l’exploitation peine à devenir réalité en dépit des investisseurs qui se sont succédé sur le projet.

Les autorités devront donc accentuer également leur lutte contre la corruption dans le secteur et se montrer plus rigoureuses avec les compagnies qui détiennent des projets miniers sans les développer.

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