08142022Headline:

Inondation au Bénin: pieds dans l’eau, les cotonois espèrent le bout du tunnel

La pluie diluvienne qui s’est abattue sur la ville de Cotonou ce dimanche 26 juin 2022 a réveillé les vieux démons qui hantent annuellement les habitants de la capitale économique. Une énième fois, les cotonois se retrouvent confrontés à l’inondation face aux promesses des autorités, qui sont jusque-là sans effets véritables.

Ce dimanche, l’eau a envahi plusieurs rues de la ville de Cotonou. Dans certains quartiers, les maisons n’ont pas été épargnées. Elles ont reçu la visite inopinée de l’eau, qui leur a dicté sa loi pendant des heures. D’ailleurs, à l’heure où nous mettons sous presse, certains habitants sont encore dehors implorant la clémence de l’eau et de dame nature. « La pluie s’est calmée vers 18 heures. Mais on a dû déserter nos chambres face à l’invasion de l’eau. On essaie d’évacuer l’eau. On ne sait pas encore comment dormir cette nuit », a confié une habitante d’Agla (Les Pylônes).

« La dernière fois qu’on a vécu une telle situation, ça remonte à trois ans. J’ai vu l’eau dans ma chambre. Tout est inondé. Si ça continue comme ça, on ira vivre où ? », s’interroge un autre habitant au micro de Frissons radio. A côté, un autre riverain semble avoir pris les choses positivement. Impuissant face à la situation, il veut juste s’adapter. « Chez moi, tout le monde est dans l’eau. Mon lit est dans l’eau. On est obligé de faire avec », a-t-il dit désespérément.

L’inondation n’a pas changé de cible

A Cotonou, les zones vulnérables à l’inondation sont connues. La pluie de ce dimanche a rappelé aux habitants de ces quartiers qu’ils ne sont pas encore au bout de leur peine malgré les nombreuses promesses et solutions « magiques » annoncées par les autorités.

Le pavé de Zogbo, le tronçon Mairie de Cotonou-Pont Fifadji, Carrefour Agontikon- station MRS Ste Rita, Agblangandan et Vossa, sont quelques zones ayant subi les affres de l’inondation. A Agla, les travaux d’assainissement ont rendu certaines rues pratiques en période de pluie, mais le quartier n’a pas pour autant perdu son triste statut de « quartier inondable ».

Pendant ce temps, les autorités sont entre promesses et appels à la patience
L’inondation n’est pas un nouveau phénomène à Cotonou. Les équipes communales qui se sont succédéés à la tête de la mairie ont toujours promis y remédier, mais en vain. Même au niveau de l’Etat central, des discours ont été prononcés pour donner espoir aux cotonois, qui depuis des lustres portent courageusement leur croix. Même Luc Sètondji Atrokpo qui considère Cotonou comme son « marigot », n’a pas pu encore trouver la bonne solution pour soulager définitivement ses administrés.

JE COMPRENDS LA SITUATION, MAIS JE LES INVITE AU CALME ET À LA PATIENCE. C’EST UN PHÉNOMÈNE QUI SERA RÉGLÉ DANS LE TEMPS. ÇA NE VEUT PAS DIRE QU’ON AURA INONDATION ZÉRO À COTONOU.

Modeste Accrombessi

Selon Modeste Accrombessi, Directeur des services techniques de la mairie de Cotonou, les autorités communales ne sont pas inactives face au phénomène. A le croire, des actions efficaces sont menées, même si le problème n’est pas encore réglé. Selon ses explications, ce qui a déjà changé, c’est le temps que prend l’eau pour se retirer. « Ce n’est pas que les actions ne sont pas efficaces. C’est relatif à la quantité d’eau tombée. Quelque temps après la pluie, au maximum une heure, l’eau se retire », a-t-il expliqué.

En ce qui concerne la situation d’Agla Les Pylones, Directeur des services techniques promet un soulagement après la livraison de l’ouvrage d’assainissement actuellement en cours de réalisation.

Le PAPC annoncé en sauveur…
En plus de l’asphaltage, le Programme d’Assainissement Pluvial de Cotonou (PAPC) est annoncé comme une solution efficace contre l’inondation dans la capitale économique. Mais il n’est pas près de son achèvement. Lancé grâce aux partenaires financiers, ce Programme de 264 milliards de francs CFA est prévu pour « être abouti dans le meilleur des cas en 2038 ».

Le bout du tunnel est encore visiblement loin. En attendant, le gouvernement préconise l’accroissement de la résilience des populations. Selon le ministre du cadre de vie Didier José Tonato, « ce qui se passe aujourd’hui sur le front Est est une question saisonnière, une conséquence des infrastructures qui ont été réalisées parce que l’érosion est le transit sédimentaire d’Ouest en Est qui emporte le sable sur nos côtes ».

« Quand on essaie de l’arrêter quelque part, ça se creuse ailleurs. Il faut donc maîtriser les impacts, et nous sommes en train de travailler dessus pour accroître la résilience de nos populations vis-à-vis de leur viabilité habituelle », a déclaré le ministre.

En attendant donc la réalisation effective des travaux et la mise en œuvre de toutes les actions annoncées contre le phénomène, les cotonois vont continuer à subir l’inondation à chaque saison pluvieuse.

Melv

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