01262022Headline:

Ouganda: un an après les émeutes sanglantes, les victimes attendent toujours justice

En Ouganda, tout juste un an après les manifestations sanglantes des 18 et 19 novembre 2020, les souvenirs douloureux refont surface dans le quartier de Kiseka, à Kampala, où tout a commencé. Un an plus tard, les habitants demandent justice pour les victimes.

Au milieu de la campagne électorale de l’élection présidentielle de janvier dernier, l’arrestation du candidat de l’opposition Bobi Wine avait provoqué des manifestations massives dans tout le pays. 54 morts ont été enregistrés par les autorités et l’excès de violence des forces de l’ordre avait largement été condamné par la communauté internationale.

Caché sous les fenêtres de son bureau, tout proche du marché de Kiseka, Pius Jadwar, a observé les affrontements entre la police et les manifestants, pendant les émeutes de novembre dernier qui ont coûté la vie d’un de ses amis : « Il était juste venu me voir à mon travail. Et c’est quand il rentrait chez lui que la balle l’a touché et il est mort un peu plus tard. Il avait 26 ans. Je voulais sortir pour le voir, mais j’ai eu peur d’aller dans la rue et de mourir moi aussi. »

Sur son téléphone, Yusuf regarde les nombreuses vidéos qu’il a prises pendant ces deux jours d’émeutes. Vendeur à Kiseka, dans une boutique de pièces détachées, le jeune homme est toujours en colère en pensant aux 54 vies perdues lors des manifestations. Il espère qu’un jour les victimes obtiendront un jour justice : « On ne va pas s’arrêter là. Ce n’est pas parce qu’il y a eu une émeute que la situation a changé. Nous n’allons pas nous battre. Nous ne sommes pas des rebelles. Nous sommes des démocrates et nous demandons juste à ce que les choses changent. Pendant les manifestations, nous avons montré notre unité et toute notre volonté. »

Après les manifestations, les autorités avaient promis des compensations pour les familles des victimes « collatérales », touchées par des balles perdues. Mais selon Pheona Wall, avocate et présidente de l’Uganda Law Society, aucune famille n’a, pour l’instant, reçu de dédommagements.

Melv Le Sage

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