06092026Headline:

Présidentielle 2025 au Cameroun : L’Autorité électorale et la classe politique engagées pour la transparence

À 5 mois de la présidentielle camerounaise, l’air est déjà pompé. Partis au pouvoir, opposition et l’institution en charge du scrutin, Elections Cameroon (Elecam), s’activent pour garantir un processus crédible et inclusif. Après une élection 2018 éclaboussée par des tensions, les acteurs politiques savent qu’ils jouent gros pour la stabilité du pays et la confiance des jeunes, fortement impactés par la conjoncture économique. A travers le pays, les camps sont déjà sur le terrain pour fixer les bases.

Au sein du Rassemblement démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), parti au pouvoir, les militants ont d’ores et déjà affiché leur soutien au candidat du parti, dont l’investiture officielle interviendra dans les prochaines semaines. Du côté de l’opposition, la coalition Alliance politique pour le changement (APC) conduite par Maurice Kamto, le Parti camerounais pour la Réconciliation nationale (PCRN) de Cabral Libii et le Social Democratic Front (SDF) de Joshua Osih peaufinent leur stratégie de campagne. Chaque camp multiplie réunions de base, sensibilisation des électeurs et alliances locales, dans un contexte régional marqué par des enjeux sécuritaires et économiques.

Elecam modernise l’inscription des électeurs
Pour renforcer la transparence du scrutin, Elecam a acquis en avril 2025 pas moins de 1000 nouveaux kits biométriques destinés à la mise à jour et à l’extension du fichier électoral. Fin 2024, le nombre d’électeurs inscrits s’élevait déjà à 755 085; l’objectif est désormais de s’assurer que chaque citoyen éligible puisse être recensé et voter dans de bonnes conditions.

Selon le Code électoral, la convocation du corps électoral devra intervenir entre le 8 juin et le 18 juillet2025, période pendant laquelle seront validées les candidatures et vérifiée leur conformité aux exigences légales.
Le 9 mai dernier, Elecam et l’Organisation des Nations unies ont signé une convention de collaboration « pour optimiser les élections au Cameroun, dans une démarche visant à renforcer la transparence et l’inclusivité du processus électoral ». Selon les critiques, recourir à une agence internationale 65 ans après l’indépendance dévaluerait la souveraineté nationale et pourrait exclure les acteurs politiques locaux.

Une course déjà ouverte
« Du côté d’Elecam, on espère que tout est mis en œuvre pour que cette élection se déroule dans de bonnes conditions. Mais l’opposition redoute une élection à risques, susceptible de déboucher sur une crise politique similaire à celle de 2018 », résume le journaliste Valaire Bougue. Pour éviter tout dérapage, Elecam multiplie les rencontres avec les partis, les organisations de la société civile et les observateurs nationaux.

Des séances de formation et des simulations de vote sont également organisées dans plusieurs régions, afin de tester le matériel biométrique et de sensibiliser les citoyens aux procédures. Plusieurs candidats ont déjà manifesté publiquement leur intention de briguer la magistrature suprême. Outre Maurice Kamto (APC), on compte Cabral Libii (PCRN), Akere Muna (parti l’Univers) et Joshua Osih (SDF).
Chacun a commencé à déployer ses équipes de campagne et à présenter des axes de programme : lutte contre le chômage des jeunes, relance économique, sécurité, réformes institutionnelles. Les premiers meetings officiels sont attendus dès le mois de juin, après la publication de la liste définitive des candidats.

L’enjeu jeunesse et emploi
Le Cameroun, confronté à un taux de chômage élevé chez les jeunes et à une inflation non-désirée, verra cette question au cœur des débats. Les candidats rivalisent de propositions pour créer des emplois, favoriser l’entrepreneuriat et améliorer l’accès à la formation. Elecam, de son côté, table sur l’inclusion de ces jeunes électeurs. « Ils représentent l’avenir du pays, et un scrutin réussi doit refléter leurs aspirations », souligne l’institution.

À l’approche du dernier trimestre 2025, tout sera désormais joué sur la qualité de l’organisation et la transparence perçue du processus. A cet effet, Elecam met les bouchées doubles ceux d’apaiser les tensions, de garantir l’équité entre tous les candidats et de convaincre une population parfois sceptique qu’un vote peut réellement changer leur quotidien.

 

 

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