Les influenceurs, un nouveau métier qui échappe encore aux impôts. Premier pays numérique en Afrique, la recherche de solution pour faire des impositions à ceux qui « vivent de…et…par le net » est autant pour le Maroc que bien d’autre pays comme la Côte d’Ivoire. Comment taxer ces snipers du net ?
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L’essor des influenceurs digitaux ne cesse de susciter des défis pour l’administration fiscale. Malgré des stratégies de facilitation mises en place par le fisc, le secteur reste le théâtre d’évasions fiscales répétées, souvent organisées avec la complicité d’entreprises qui dissimulent leurs paiements.
Un marketing non rentable à l’Etat
Avec l’explosion du marketing d’influence et la multiplication des campagnes promotionnelles, les influenceurs attirent des flux financiers considérables. Ces revenus, issus de contrats de sponsoring et de publicité digitale, représentent des montants significatifs qui devraient normalement figurer dans les déclarations fiscales des entreprises et des influenceurs eux-mêmes.
Les récentes enquêtes du fisc ont révélé une réalité bien différente : des entreprises dissimuleraient systématiquement ces transactions.
Les contrôles fiscaux ont mis en évidence que de nombreux paiements effectués aux influenceurs étaient enregistrés sous des rubriques génériques dans les comptes annuels ou tout simplement réglés en espèces. Ces stratégies permettent aux entreprises de contourner leurs obligations fiscales et de ne pas inclure ces montants dans leurs déclarations officielles.
Des manques à gagner pour les impôts
Selon les estimations du fisc, chaque transaction non déclarée oscille entre 1.912 à 9.560 euros, des sommes qui, cumulées, représentent une perte de revenus considérable pour les États africains. Cette fraude est souvent facilitée par une absence de traçabilité des paiements et des accords informels entre les parties.
Face à la menace d’amendes élevées et de poursuites judiciaires, plusieurs influenceurs ont choisi de se conformer à la loi. Le fisc a mis en place un mécanisme simplifié permettant à ces acteurs de régulariser leur situation.
En s’enregistrant en tant qu’entreprise individuelle ou société privée, les influenceurs pourront desormais déclarer leurs revenus et s’acquitter d’une contribution forfaitaire de 5 %.
Cette politique d’incitation a permis d’éviter des sanctions plus sévères pour les influenceurs coopératifs. Toutefois, le fisc demeure intraitable envers ceux qui persistent à contourner les règles. Les entreprises impliquées dans ces pratiques sont également dans le collimateur de l’administration.
La loi fiscale de 2025
Pour pallier ces lacunes, les pays dits numériques pourront introduire une nouvelle réglementation dans la loi de finances de 2025. Celle-ci impose une obligation stricte de déclaration des revenus découlant des activités numériques, notamment les publicités et les partenariats commerciaux.
Parallèlement, des contrôles plus rigoureutrouvent être prévus pour traquer les entreprises déclarant des pertes chroniques tout en participant à des transactions dissimulées.
Le fisc met également l’accent sur l’émission de factures obligatoires et la traçabilité des paiements pour toutes les activités commerciales. Les sanctions pour non-conformité incluent des amendes substantielles et des procédures judiciaires pouvant entraîner des interdictions d’opérer pour les entreprises récidivistes.
La responsabilité de cette situation ne repose pas uniquement sur les influenceurs. Les entreprises, par leurs stratégies de contournement, jouent un rôle clé dans l’entretien de cette évasion fiscale. Le manque de transparence et la complaisance de certains acteurs du marché sapent les efforts d’assainissement fiscal.
Des chiffres sur les influenceurs Ivoiriens
Le coût d’un influenceur en Côte d’Ivoire varie selon sa notoriété, la taille de son audience et le type de campagne souhaité. Les micro-influenceurs, qui ont entre 5 000 et 50 000 abonnés, peuvent demander entre 100 000 et 500 000 FCFA par campagne.
Les macro-influenceurs, avec plusieurs centaines de milliers de followers, peuvent fabriquer des sommes allant de 1 million à 5 millions de FCFA, voire plus, selon la complexité de la campagne et la durée de la collaboration. Si la fiscalisation est en larche, la Côte d’Ivoire pourrait bénéficier de plusieurs millions d’euros venant de ce marketing d’influence.



