01192022Headline:

Côte d’Ivoire: une centrale électrique biomasse va voir le jour

Dans quelques jours, les travaux de construction de la plus grande centrale biomasse d’Afrique de l’Ouest vont commencer dans le sud-est de la Côte d’Ivoire sur la commune d’Aboisso. Financé principalement grâce à un prêt de Proparco, le projet est porté par l’entreprise franco-ivoirienne Biovea Energie pour un coût de 230 millions d’euros.

Les travaux vont débuter dans les prochains jours. Biovea Energie, une entreprise détenue par EDF, Meridiam et le groupe ivoirien Sifca, va construire une centrale de production d’électricité à base de biomasse.

Raphaël Ruat, directeur général de Biovea, décrit le principe. « Ce sont les feuilles de palmiers, qui aujourd’hui sont par terre. Elles sont coupées pour accéder au régime de palme. Ces feuilles, on va les couper pour en prendre la première partie de la tige. Qu’on va transporter jusqu’à notre centrale de production. Qu’on va broyer, et grâce à la combustion de ces feuilles, on va produire de la vapeur d’eau et donc de l’électricité. »

Une capacité de production supérieure
Avec une capacité de production de 46 MW, cette centrale biomasse sera l’une des plus importantes d’Afrique. « De manière internationale, une centrale biomasse, c’est plutôt entre 5 et 10 MW installés. Donc on est très gros pour de la biomasse, et ça correspond à peu près à 1,7 million de consommateurs ivoiriens donc ce n’est pas rien », ajoute-t-il.

Aujourd’hui des feuilles de palmiers pour produire de l’électricité, demain peut-être des cabosses de cacao ; le projet est à l’étude. Des résidus végétaux qui ne sont pas valorisés ou très peu à ce stade et qui, selon Raphaël Ruat, pourraient amener des compléments de salaires aux petits producteurs.

« De par l’achat de la biomasse aux planteurs villageois, qui représentent la grande majorité de ceux qui vont nous approvisionner, c’est plus des trois quarts de l’approvisionnement qui vient des plantations villageoises, eh bien on va avoir un complément de revenu de 5 à 10 % pour eux », assure Raphaël Ruat.

Réduire de 30 % les émissions de CO2 d’ici à 2030
La Côte d’Ivoire a un projet global de développement des énergies renouvelables et affiche de grandes ambitions en annonçant vouloir réduire de 30 % ses émissions de CO2 d’ici à 2030. Selon Arnaud Niesz, expert en énergie pour l’ONG Nitidae, les projets d’envergure en ce qui concerne l’énergie biomasse doivent toutefois tenir compte des difficultés possibles

La logistique associée à la récolte des déchets de culture est assez lourde en raison de l’éclatement des gisements, et on travaille avec des déchets qui n’ont actuellement aucune valeur, mais qui vont en acquérir inévitablement dès lors que de la demande est créée, si l’approvisionnement venait à être mis à mal, il existe le risque que du bois soit utilisé en substitution.
Dernière nuance, les déchets végétaux ne sont en réalité pas complètement inutiles puisqu’ils contribuent aussi à la fertilité des sols. La construction du site va durer au minimum trois ans, les premiers watts de la centrale d’Aboisso devraient être produits à la fin de l’année 2024.

Melv Le Sage

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