05262022Headline:

Italie: les possibles conséquences de la guerre en Ukraine sur l’approvisionnement en énergie

Un policier italien, en vue de dos

L’Italie qui est très dépendante des importations pour son approvisionnement en énergie s’inquiète d’autant plus des conséquences économiques de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

L’Italie est en quelque sorte le parent pauvre de l’Union européenne en matière d’indépendance énergétique, car elle importe de Russie 46% du gaz qu’elle consomme, soit entre 70 et 90 milliards de mètres cubes par an, et elle produit 60 % de son électricité à partir du gaz.

Malgré la volonté du gouvernement Draghi de réduire rapidement la dépendance au gaz russe, les experts estiment qu’il faudra cinq ans pour réactiver les centrales de charbon. Il en va de même pour accroître la production d’énergies renouvelables.

En outre, l’augmentation de l’importation de gaz en provenance d’autres pays, comme l’Algérie, est un projet qui, lui aussi, ne se réalisera pas du jour au lendemain. Quant aux quantités supplémentaires de gaz naturel liquide, qui pourrait être importé des États-Unis, la question est complexe, car, actuellement, l’Italie n’a que trois installations de regazéification. Et pendant ce temps, les factures d’énergie explosent.

Les répercussions sur l’économie italienne

Selon le patronat italien, en l’espace d’un an, les coûts de l’énergie pour l’ensemble des entreprises sont passés de 8 à 36 milliards d’euros. Il est encore impossible d’évaluer les conséquences économiques de l’invasion russe en Ukraine.

Mais sur l’île de Murano en Vénétie par exemple, les maîtres-verriers sont littéralement étouffés par l’augmentation du prix du méthane. Pour un atelier qui a six fours allumés à 1300 degrés, jour et nuit, la facture annuelle est passée de 150 000 euros en 2020 à 500 000 euros en 2021. D’où le risque de voir disparaître les mythiques souffleurs de verre.

L’augmentation du coût de la vie en 2022
Concernant les exportations vers la Russie, un autre exemple illustre les risques pesant sur l’économie italienne. Le district de la chaussure, situé à Fermo, dans les Marches, est le premier producteur italien de chaussures pour la Russie. En 2021, les exportations représentaient 30% du chiffre d’affaires de dizaines d’entreprises. Aujourd’hui, tout va au ralenti et ce district redoute un effet boomerang des sanctions contre Moscou. On observe cette même crainte dans le secteur de la mode, bien sûr, mais aussi dans ceux des machines-outils et de l’électronique.

D’après l’Institut national de statistique, un couple sans enfants dépensera au moins 1440 euros en plus en 2022, par rapport à l’an dernier, pour l’électricité, le gaz et l’essence, mais aussi pour certains produits alimentaires, dont les pâtes. Et cela parce que l’Italie importe 64% du blé qu’elle utilise. En 2021, elle en a importé 120 000 tonnes d’Ukraine et 100 000 tonnes de Russie.

Melv

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