08092022Headline:

L’Inde fait le bilan de sa pire vague de chaleur jamais enregistrée.

Le gouvernement indien vient de présenter le bilan affolant de l’été torride qui vient de se terminer. Celui-ci a été le plus chaud et extrême jamais enregistré avec un nombre record de jours de canicule. Le pays devrait être l’un des plus frappés par le réchauffement climatique, mais peine à se préparer pour protéger les plus pauvres de ses effets. 

L’Inde a enregistré 203 journées de températures extrêmes, soit le plus grand nombre de son histoire. Le chiffre est cinq fois plus élevé que celui de 2021. Une journée de canicule est déclarée quand les températures de plaine dépassent les 45 degrés pendant au moins deux jours consécutifs. Le gouvernement arrive à ce chiffre en cumulant les différentes journées extrêmes ressenties dans une vingtaine de régions différentes, donc il peut y avoir plusieurs instances de canicule le même jour. Le nord du pays est clairement le plus frappé, et particulièrement le Rajasthan ou le Pendjab, à la frontière avec le Pakistan, avec environ 25 journées d’extrêmes températures en quatre mois, soit six fois plus qu’en 2021.

Cela s’inscrit dans une tendance claire de réchauffement. Depuis 50 ans, chaque décennie est plus chaude et extrême que la précédente. Entre 2010 et 2020, l’Inde a enregistré deux fois plus de journées caniculaires que lors des dix années passées. Et cette année, le mercure est monté à 49 degrés à New Delhi, du jamais vu. Cela suit malheureusement les projections du groupe de l’ONU du GIEC sur le climat, qui prévient que le sous-continent indien sera l’une des zones les plus durement frappées par le changement climatique.

Une urbanisation non contrôlée créant des îlots de chaleurs

Dans le cas extrême d’un réchauffement planétaire de 2°C, comme c’est envisageable, il pourrait devenir impossible de travailler en extérieur pendant plus de la moitié de l’année dans une grande partie du pays. Pour répondre aux urgences, le gouvernement a créé un plan d’action sanitaire national, mais il met du temps à se déployer sur le terrain.

Pour ce qui est de l’adaptation, la tâche est difficile : les autorités doivent gérer une migration urbaine fulgurante. Ce qui est fait en construisant rapidement des tours en béton, qui enferment la chaleur et sont donc équipées de climatisation – or ces machines rejettent ensuite la chaleur en ville. Les migrants les plus pauvres, eux, s’installent en bidonvilles, dans des habitations mal ventilées et sont les premières victimes de ces canicules.

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