05252022Headline:

Ukraine : une attaque sur la gare de Kramatorsk fait au moins 39 morts

Des centaines de civils étaient présents ce vendredi 8 avril à la gare de Kramatorsk dans l’espoir de fuir le Donbass, une région devenue cible prioritaire de la Russie.
Un tir de roquette, qui a touché ce vendredi 8 avril dans la matinée la gare de Kramatorsk, dans l’est de l’Ukraine, a fait 39 morts, dont quatre enfants, selon le dernier bilan des services de sécurité ukrainiens. Une centaine de blessés sont aussi à déplorer. Des centaines de personnes attendaient dans la gare de Kramatorsk, “capitale” du Donbass sous contrôle ukrainien, dans l’espoir de pouvoir fuir la région.

Des victimes de l’attaque sur la gare de Kramatorsk dans le Donbass, qui a fait plus d’une trentaine…

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a immédiatement réagi sur son compte Instagram. “Les occupants ont frappé la gare de Kramatorsk […] où des milliers d’Ukrainiens pacifiques attendaient d’être évacués”, a-t-il déclaré, avant d’accuser la Russie de détruire “cyniquement la population civile”.

Un journaliste de l’AFP a vu les corps dans des sacs mortuaires d’au moins 20 personnes. Présent sur place plus tôt, il avait constaté que des centaines de personnes espéraient encore y trouver un train pour quitter la ville, sous menace d’une offensive russe majeure. “Deux roquettes sont tombées sur la gare de Kramatorsk”, avait précisé la compagnie ferroviaire ukrainienne.

Sur les réseaux sociaux, le chef de la diplomatie de l’UE Josep Borrell a condamné “fermement l’attaque aveugle” de la gare de Kramatorsk. “Il s’agit d’une nouvelle tentative de fermer les voies d’évacuation pour ceux qui fuient cette guerre injustifiée et de causer des souffrances humaines”, a-t-il dénoncé.

De son côté, le ministère russe de la Défense a démenti tout tir de missile sur cette gare et affirmé que “toutes les déclarations des représentants du régime nationaliste de Kiev sur le fait que la Russie a mené une attaque de missile contre la gare ferroviaire de Kramatorsk sont une provocation et ne correspondent pas à la vérité”. Il assure également que seules “les forces armées ukrainiennes” utilisent ce type de missile “Totchka-U”.

Après avoir retiré ses troupes de la région de Kiev et du nord de l’Ukraine, la Russie a fait de la conquête du Donbass, dont une partie est contrôlée depuis 2014 par des séparatistes prorusses, son objectif prioritaire. Elle multiplie ses attaques dans le sud et l’est, les autorités ukrainiennes s’efforçant, elles, d’évacuer les civils.

Les évacuations par train, qui avaient été interrompues en raison de la destruction d’une partie de la voie ferrée, avaient repris dans la nuit de jeudi à vendredi, a indiqué le gouverneur de la région de Lougansk, Serguiï Gaïdaï, qui encourageait depuis plusieurs jours les habitants à partie pour ne pas “se condamner à la mort”.

“Trois trains d’évacuation transportant des habitants de la région de Lougansk et de Donetsk ont pu partir vers l’ouest. La voie a été réparée,”, a-t-il précisé tôt vendredi, avant l’attaque sur la gare de Kramastorsk.

Cette nouvelle attaque devrait encore accentuer la pression sur la Russie, accusée de crimes de guerre, notamment à Boutcha. Les autorités ukrainiennes assurent par ailleurs craindre la découverte d’autres massacres et le président Volodymyr Zelensky a estimé que la situation à Borodianka, près de Kiev, était “bien plus horrible” encore qu’à Boutcha.

Au lendemain de l’adoption d’un nouveau paquet de sanctions de l’UE contre Moscou, avec un embargo sur le charbon russe, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell ont annoncé être en route pour Kiev.

“Hâte d’être à Kiev”, a écrit sur Twitter Ursula von der Leyen, accompagnant son message d’une photo d’elle avec Josep Borrell et le Premier ministre slovaque, sur le quai d’une gare à côté d’un train aux couleurs de l’Ukraine. “Je vais à Kiev”, a de son côté tweeté le chef de la diplomatie européenne.

Les alentours de la capitale ukrainienne, dont s’est retirée l’armée russe, a été le théâtre d’atrocités dont l’Ukraine et ses alliés accusent les forces de Moscou, qui dément et évoque des “provocations” ukrainiennes.

C’est notamment le cas à Boutcha, à 30 km au nord-ouest de Kiev, bombardée puis occupée un mois par des soldats russes, et où des dizaines de cadavres vêtus en civil, dont certains les mains liées dans le dos, ont été découverts après leur départ.

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