01212021Headline:

Hong Kong: les journalistes sont privés de leur liberté d’expression

La répression de la presse et des journalistes d’opposition à Hong Kong s’intensifie. Le patron de presse Jimmy Lai vient d’y être placé en détention.
L’histoire a été racontée par un quotidien hongkongais, The Standard, à propos de la chaîne d’information i-Cable News. Alors qu’il reçoit Carrie Lam, la cheffe de l’exécutif local proche de Pékin, le nouveau directeur de la chaîne s’entend reprocher par son invitée, lors de la pause dans l’interview, que les questions posées soient vraiment « trop douces ». Et comme pour s’en amuser, elle ajoute qu’elle comprend pourquoi son attaché de presse dit de ce nouveau directeur, Oscar Lee, qu’il est « très coopératif ».

I-Cable news n’est pas n’importe quelle chaîne. C’est la première à s’être lancée en 1993 dans l’info en continu en Asie et elle jouit d’une solide réputation. Seulement, les temps sont en train de changer. Le nouveau directeur incite à suivre les conférences de presse du gouvernement et les enquêtes y sont plus difficiles. Dans le cadre d’une restructuration, un plan de quarante suppressions de postes a été décidé à la rédaction. Comme par hasard, les plus rétifs aux consignes des autorités en ont été la cible, ce qui a entraîné une vingtaine de démissions supplémentaires par solidarité.

Mais c’est surtout le placement en détention provisoire du magnat de la presse hongkongais Jimmy Lai qui montre qu’on est encore un cran plus loin dans le combat contre les pro-démocrates. Ce patron du journal Apple Daily a comparu ce jeudi avec deux de ses cadres dirigeants pour une sombre histoire d’utilisation du siège du journal à des fins non prévues par le contrat de location. Il s’agit évidemment d’un prétexte, mais Jimmy Lai risque de ne pas pouvoir sortir de prison avant le mois d’avril, pour sa prochaine audition. En août 2020, une centaine de policiers avaient perquisitionné l’immeuble de son journal. Plusieurs responsables ont été poursuivis pour « collusion avec des forces étrangères », dans le cadre de la nouvelle loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin au début de l’été.
Les militants sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à passer par la case prison. Dans le cas de Joshua Wong, figure connue du mouvement de 2019, c’est même son quatrième séjour derrière les barreaux. Un journal d’opposition, Stand News, publie désormais des lettres de détenus pour qu’ils gardent le moral. On le voit, si la loi d’extradition judiciaire en Chine a dû être abandonnée après les manifestations de l’an dernier, le pouvoir resserre son étau autour des militants pro-démocrates. Et ce d’autant mieux que la Covid-19 lui permet de renforcer son dispositif sécuritaire. Quant à Jimmy Lai, il a d’ores et déjà dit qu’il ne renoncerait pas. Arrivé à 12 ans de Canton sans un sou, il estime tout devoir aux libertés de Hong Kong.

RFI

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