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Monde/ Ville de Seine-Saint-Denis: guerre entre deux clans de trafiquants de drogue

Depuis deux ans, deux clans contrôlant le trafic de drogue dans cette ville de Seine-Saint-Denis se livrent une sanglante , sur fond de rénovation urbaine désorganisant les points de deal. Une situation emblématique des rivalités criminelles qui s’aiguisent, un peu partout en France, autour de ce trafic.
Bienvenue, « ici, c’est le terrain du million ! » Du million d’euros de chiffre d’affaires par mois. Le terrain d’un trafiquant de stupéfiants surnommé « Malsain », qui règne sur la cité des « Boutes », diminutif de la bien nommée cité des Boute-en-train. Enclavée au cœur des puces de Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, elle abrite l’un des plus gros points de deal de la région parisienne, qui brasse pas moins de 11 millions d’euros par an.

Producteur de rap, « Malsain » a succédé à un certain « Tartare » et a longtemps fait la guerre à un dénommé « Cyborg », l’ennemi juré qu’il est soupçonné d’avoir fait liquider il y a un an et demi, et dont la famille tient l’autre « méga-four » (important lieu de vente) de la ville, cité Charles-Schmidt.
Bienvenue, « ici, c’est le terrain du million ! » C’est ainsi que vous accueille une poignée de jeunes rassemblés au pied de l’une des deux tours des « Boutes ». « Vous savez où vous êtes ? », demande Kamel (le prénom a été modifié), en lançant la musique à fond sur son téléphone portable. « Vous êtes chez Heuss l’Enfoiré ! C’est son point ici », affirme-t-il au son du titre Les Méchants – « qui parle des flics évidemment ! »

Les « Boutes » seraient en réalité aux mains d’un homme de 31 ans : El Mehdi Z., le fameux « Malsain », producteur du rappeur dont les clips récoltent des dizaines de millions de vues sur Internet. Réfugié au Maroc, « Malsain », qui a pris la suite de « Tartare » donc, serait à la tête de l’une des deux équipes qui contrôlent une large part du marché des stupéfiants – principalement du cannabis et de la cocaïne – de Saint-Ouen, haut lieu du trafic francilien. Depuis près de deux ans, elles ont relancé les hostilités et se livrent une sanglante guerre de territoires.

Pénurie, tensions, flambée des prix
L’un des déclencheurs de ce regain de violences liées au narcobandistisme ? Les programmes de rénovation urbaine. Ils viennent désorganiser le deal et poussent les différents clans à se rabattre sur de nouveaux lieux de vente.

Une équation impossible pour les pouvoirs publics : plus ils cherchent à favoriser le développement économique de la ville et à améliorer le cadre de vie des 52 000 habitants (dans les années à venir, 30 % de la commune sera en travaux), plus le trafic de stupéfiants, déstabilisé, génère des luttes de pouvoir.

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lemonde

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