06272022Headline:

Madagascar: l’ex-président du Sénat Rivo Rakotovao devant la justice pour corruption

L’ex-président du Sénat de Madagascar, Rivo Rakotovao a été convoqué par lundi 13 juin par le Bureau indépendant de Lutte Anticorruption (Bianco), pour une suspicion de corruption, de détournements de fonds publics et d’abus de fonction. Des faits qui remontent à 2019, lorsqu’il était à la tête de la chambre haute. L’actuel président du parti HVM, le parti de l’ex-président, a été auditionné pendant plus de trois heures : c’est la première fois qu’un chef d’institution fait l’objet d’une enquête.

C’est une plainte anonyme au sujet du versement d’une prime au personnel et aux élus du Sénat en 2019 qui a conduit aux investigations du Bianco. Rivo Rakotovao, alors président de l’institution, le confirme :

« On a distribué des primes de fin d’année à tout le personnel : du président du sénat jusqu’au plus petit poste, et ce au prorata, tout en respectant les textes et les lois en vigueur. »

Des sommes, pour certains sénateurs, parfois exorbitantes. D’autant qu’à cette époque, rappelle l’intéressé, les relations entre le Sénat et le ministère des Finances sont très tendues : Les budgets sont gelés, le Président Andry Rajoelina souhaite diviser par trois le nombre de sénateurs – le sénat est acquis à son rival et prédécesseur Hery Rajaonarimampianina.

Pourtant, le Trésor signe visiblement les visas de paiement des primes, une preuve pour Rivo Rakotovao de la légalité du versement de ces primes.

Aussi, estime-t-il que cet interrogatoire relève de l’intimidation et du harcèlement politique, à un an et demi de l’échéance présidentielle : « On est dans une dérive totalitaire. On est dans une non-séparation de pouvoir entre l’exécutif et le judiciaire. Il y a des affaires qui restent dans les frigos et d’autres… Donc tout ça fait que ce sont des questions qui se posent. »

Contacté, le Bianco, de son côté, préfère botter en touche. « Notre nouvelle politique de communication nous impose de rester discrets : nous ne faisons pas de tam-tam dans la presse à chaque enquête que nous menons, affirme un de ses membres. Au sujet de Mr Rakotovao, quoi qu’en dise son parti, c’est une affaire judiciaire non politisée », conclut-il.

L’enquête se poursuit, d’autres ex-sénateurs pourraient être entendus prochainement.

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