06092026Headline:

‎Gbêkê : Le Conseil Régional et l’UNFPA unissent leurs forces contre la fistule obstétricale

La région de Gbêkê a vibré du 15 au 17 mai 2025 au rythme du tout premier Forum des Femmes et des Filles, un événement placé sous le signe de la solidarité, de la santé et de l’autonomisation. En marge de cette rencontre historique, le Conseil régional de Gbêkê, conduit par le ministre Jacques Assahoré Konan, et le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), représenté par sa résidente en Côte d’Ivoire, Cécile Compaoré Zoungrana, ont uni leurs forces dans une lutte acharnée contre la fistule obstétricale, une maladie encore trop présente dans les zones rurales et souvent méconnue du grand public.

Les deux responsables ont effectué, le vendredi 16 mai 2025, une visite hautement symbolique et humaine au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Bouaké, où sont hospitalisées plusieurs femmes souffrant de cette pathologie invalidante. Ce geste fort visait à témoigner du soutien institutionnel et humanitaire à ces femmes souvent stigmatisées et isolées en raison de leur maladie. La fistule obstétricale, rappelons-le, résulte de complications non traitées lors de l’accouchement, entraînant une perte involontaire d’urine ou de matières fécales, avec de lourdes conséquences sociales.

Une mobilisation régionale et internationale
Avant de se rendre au chevet des patientes, les autorités ont fait le point sur l’état d’avancement de la campagne régionale de prise en charge de cette affection. Menée par l’UNFPA en partenariat avec les ministères de la Santé, de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, cette campagne bénéficie d’une mobilisation régionale et internationale sans précédent.

Le Professeur Coulibaly Noël, coordinateur médical de l’opération, a dressé un bilan partiel mais prometteur : 187 patientes examinées dans cinq hôpitaux de référence (Bouaké, Bondoukou, Bodo, Korhogo et Man), 28 cas confirmés à Bouaké, dont 12 déjà opérés avec succès. D’ici la fin de la mission prévue pour le 20 mai, 78 femmes supplémentaires devraient bénéficier d’une intervention chirurgicale salvatrice. Cette campagne est appuyée par 36 chirurgiens, incluant 22 experts nationaux et 14 spécialistes venus de dix pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, mobilisant ainsi sept blocs opératoires.

Nous allons jouer notre partition pour que la fistule obstétricale disparaisse de notre région
Le ministre Jacques Assahoré Konan a salué cette initiative d’envergure. « Cette campagne est la nôtre. Le Conseil régional œuvre pour la promotion de la santé. Nous allons jouer notre partition pour que la fistule obstétricale disparaisse de notre région. » Un engagement clair qui témoigne de la volonté politique de faire reculer une maladie qui touche les femmes les plus vulnérables.

La représentante de l’UNFPA, Cécile Compaoré Zoungrana, a quant à elle mis en avant les résultats tangibles de cette mobilisation : « Près de 80 femmes ont déjà été opérées. Nous leur avons redonné espoir et dignité. C’est une victoire pour elles, pour leurs familles, pour la société entière. » Elle a insisté sur le caractère transformateur de cette campagne, qui permet à ces femmes de retrouver leur place dans la communauté et de redevenir économiquement actives.

Le soutien de la KOICA
La dynamique est également soutenue par des partenaires comme la KOICA (Agence coréenne de coopération internationale), engagée depuis 2012 dans cette lutte. Sa directrice adjointe en Côte d’Ivoire, Yessong Kim, a rappelé l’importance de cette implication : « Nous avons financé ce projet pour permettre aux femmes d’être soignées et de participer à la vie économique de leur communauté. »

Cette initiative dans la région de Gbêkê s’impose comme un modèle de collaboration réussie entre institutions nationales, partenaires internationaux et collectivités locales. Au-delà des soins médicaux, c’est toute une chaîne de solidarité qui se met en place pour redonner aux femmes victimes de fistule obstétricale non seulement la santé, mais aussi la dignité, la voix et l’avenir.

La lutte contre la fistule, encore trop répandue en Côte d’Ivoire, franchit ainsi un cap décisif à Bouaké, symbole d’un espoir renouvelé pour des centaines de femmes à travers le pays.

 

What Next?

Recent Articles